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Une image vaut mille mots et des leçons d'histoire

Les années 1930. La fabrique de «l'Homme nouveau» au Musée des beaux-arts du Canada

Marie-Eve Bouchard par Marie-Eve Bouchard
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Article mis en ligne le 7 juin 2008 à 11:19
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Une image vaut mille mots et des leçons d'histoire
Les années 1930. La fabrique de «l'Homme nouveau» au Musée des beaux-arts du Canada
L'art n'est pas fait que de chef d'œuvres, l'art peut aussi amener à la réflexion profonde, choquer et refléter une réalité difficile. L'exposition estivale du Musée des beaux-arts du Canada, n'a rien de très joyeux, penchant plutôt vers une occasion de revoir l'histoire pour mieux la comprendre avec Les années 1930. La fabrique de «l'Homme nouveau».
Comme le suggère le commissaire de l'exposition, Jean Clair, cette exposition retrace sa propre histoire. «C'est toujours intéressant de savoir sa propre histoire. Parce que si on ne la sait pas, on est condamné à la revivre. Alors, vaut mieux le savoir de façon à ne pas la recommencer. Aller au musée uniquement parce que c'est beau m'a toujours semblé une idée courte et un peu dangereuse. Donc, là de très belles choses, mais il n'y a pas que ça et ces chef d'œuvres sont dans un contexte politique et philosophique tel, que ça oblige les gens à comprendre ce qui s'est passé dans les années 30.»

De fait, cette exposition est la première à faire le lien entre l'art et la biologie durant la période tumultueuse des années 30. Tout en offrant une série de tableaux qui ne répondent pas tous aux critères de chef d'œuvre, car c'est davantage à la signification des œuvres à laquelle se sont attardés les responsables de l'exposition.

On retrouve donc 206 œuvres, majoritairement des prêts provenant des plus prestigieuses collections publiques et particulières de l'Autriche, d'Israël, de la Russie, de l'Allemagne et bien d'autres pays encore… et dont plusieurs n'ont jamais été vues.

Divisée en neuf sections, l'exposition se compose de peintures, de sculptures, de photographies, d'œuvres sur papier et de films.

Les œuvres sont souvent troublantes, soit par leur cruauté et surtout par leur vérité. «Ce qui m'étonne, c'est qu'on accepte d'être choqués par beaucoup d'aspects de l'art contemporain, un art extraordinairement sanguinolent et tourné vers l'horrible alors qu'on n'accepte pas d'être choqué par des œuvres qui sont d'abord des œuvres d'art de très grande qualité, et qui reflètent une époque qu'on a vécue. Ce sont des choses vraies et ça m'apparaît plus important de rappeler l'histoire, notre histoire. Même si ce sont des épisodes extrêmement difficiles », estime le commissaire qui a travaillé pendant cinq ans sur cette exposition.

N'empêche que cette exposition n'est surtout pas suggérée comme activité familiale et qu'un visiteur averti en vaut deux!

Comme d'habitude, le Musée propose une foule d'activités connexes à l'exposition, dont plusieurs conférences, mais également une série de films dont La Belle et la Bête de Jean Cocteau et Le Dictateur qui met en vedette Charlie Chaplin.

Les années 1930. La fabrique de «l'Homme nouveau» est la dernière du directeur du Musée des beaux-arts du Canada, Pierre Théberge.
Les années 1930. La fabrique de «l'Homme nouveau» est présenté jusqu'au 7 septembre au Musée des beaux-arts du Canada (380, promenade Sussex à Ottawa).

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