Le Campus Santé est né
Un an après que le ministre de la Santé, Philippe Couillard, ait confirmé le statut particulier de l'Outaouais, on a officialisé cet après-midi le projet du tant souhaité Campus Santé, qui viendra dès cet automne redorer le blason d'une région aux prises avec de réels problèmes de rétention de professionnels de la santé.
Le Campus Santé est sorti de son œuf grâce aux efforts de douze partenaires qui visent tous le même objectif: améliorer les soins à la population. Cette douzaine est notamment composée de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais, du Cégep de l'Outaouais, de l'UQO, de l'Université McGill, du CSSS de Gatineau, du Collège Héritage, de la Commission scolaire Western-Québec, du Service régionale de la formation professionnelle en Outaouais du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, du ministère de l'Immigration et des Communauté culturelles et d'Emploi Québec.
C'est avec une grande fierté que le PDG de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais, le Dr Guy Morissette, a annoncé ce que plusieurs attendaient. Une solution qui permettra d'ici mai 2011 de former des centaines de pros de la santé, qu'ils soient infirmières, paramédics ou médecins. De plus, le Campus offrira de nouveaux programmes, dont celui d'infirmière praticienne de première ligne et celui de Technique en soins préhospitaliers d'urgence.
«Campus Santé démontre un leadership régional fort réuni autour d'enjeux importants pour notre région et ses citoyens», a lancé le Dr. Morissette, en parlant de la concertation essentielle des partenaires. Il espère que l'Outaouais pourra s'auto-suffire et renverser le négativisme qui frappe le domaine de la santé depuis trop longtemps déjà. Cela sera possible grâce entre autres à l'augmentation du nombre d'étudiants en résidence de médecine de famille et l'implication en région de l'externat intégré de l'Université McGill pour recevoir de 6 à 8 externes en médecine lors de leur 3e année d'étude prédoctorale. Le Campus n'est toutefois pas une nouvelle faculté de médecine.
Le ministre Benoît Pelletier a ajouté que ce n'était que le début pour l'Outaouais, car d'autres annonces seront faites cette année pour la santé. «C'est une région qui le mérite, car c'est une région forte, en pleine croissance et qui a de plus en plus confiance en elle. L'annonce d'aujourd'hui est une révélation pour bien des gens…», a lancé le ministre.
Le recteur de l'UQO, Jean Vaillancourt, a assuré que l'université pourrait accueillir les étudiants en médecine et que la formation se ferait en français. Quant au directeur général du CSSS de Gatineau, André O. Rodier, il se réjouit du potentiel à long terme de ce Campus. Mais il croit que la rétention, un des principaux buts de ce projet, passera par une ambiance de travail saine dans les établissements de la région.
Point de que partage une des porte-parole de la Coalition l'Outaouais à l'urgence, Marthe Robitaille: «C'est un projet visionnaire qui mérite toute notre confiance. Je donne la chance au coureur parce que c'est plus clair, mais il faut encore sensibiliser la population parce que la réalité frontalière est toujours là. Il y a une attraction très forte, alors on devra être innovateur pour garder notre monde.»