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Cinq ans de prison pour Rémi-William Comeau

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Article mis en ligne le 10 juin 2008 à 12:31
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Cinq ans de prison pour Rémi-William Comeau
Rémi-William Comeau, ce conducteur en état d'ébriété qui a happé mortellement une jeune cycliste de 17 ans au mois d'août dernier, a été condamné ce matin à cinq ans de prison.
C'est en réalité une peine de 79 mois (six ans et demi) qui a été donnée à Comeau pour avoir conduit avec des facultés affaiblies ayant causé la mort. Comme ce dernier a déjà purgé neuf mois et demi de détention prévention, qui comptent en double, il ne lui reste plus que cinq ans à faire derrière le barreau.

À cela s'ajoutent deux peines de deux ans pour les deux autres chefs d'accusations auxquelles faisait face l'accusé, soit celui d'avoir conduit avec des facultés affaiblies ayant causé des lésions, et celui d'avoir quitté les lieux d'un accident. Ces peines seront toutefois purgées de façon concurrente, et n'allongent donc pas la sentence.

Le juge Jean-François Gosselin a de plus interdit à Comeau de conduire pour les sept prochaines années, sentence qui débute au prononcé de la sentence. C'est donc dire que si celui-ci purge sa peine au complet, il ne lui restera que deux ans d'interdiction de conduire.

Le juge a par ailleurs mentionné l'importance d'une réinsertion sociale pour l'accusé. Comme ce dernier travaille dans le domaine de la construction, où il a besoin d'une voiture, il est, selon le juge, inutile de lui mettre des bâtons dans les roues à ce niveau, ce qui ne ferait que retarder sa réinsertion sociale.

La Couronne demandait que la peine soit de dix ans, au prononcé de la sentence, assortie d'une interdiction de dix ans sans conduire débutant lors de sa sortie de prison. La Défense, quant à elle, suggérait une peine de trois ans, suivie d'une interdiction de conduire de cinq ans.

Le Procureur de la Couronne, Me Sylvain Petitclerc, n'a d'ailleurs pas écarté la possibilité d'aller en appel de cette décision. «C'est vraiment une offense qui est devenue très sérieuse et qui bouleverse à chaque fois la communauté», a-t-il indiqué, précisant qu'il étudierait plus en détail le document avant de prendre une décision.
Des facteurs atténuants et aggravants
La sentence est composée de 42 pages, ce qui est exceptionnellement long. Il faut dire qu'une décision fédérale rendue en 2001 a fait passer la peine maximale pour un plaidoyer de culpabilité en matière de conduite avec facultés affaiblies de 14 ans à l'emprisonnement à perpétuité.
Le juge Gosselin a donc longuement établi les facteurs aggravants, tels que le nombre d'incidents dans lesquels Rémi-William Comeau a été impliqué, sept au total, son taux d'alcoolémie (trois fois la limite permise) et les conséquences dramatiques des événements.

Il a aussi énuméré quelques circonstances atténuantes, tel que le fait que l'accusé était sobre depuis deux ans avant les événements, qu'il a collaboré avec la justice, notamment en plaidant coupable et qu'il a exprimé des regrets «perçus comme sincères» lors des audiences.

Le juge a également rappelé que l'accusé avait des antécédents en semblable matière. En mai 1992, il a été condamné à 400$ d'amende pour avoir conduit avec des facultés affaiblies. Deux ans plus tard, en octobre 1994, Comeau a passé 14 jours en prison pour la même offense.
Une décision bien reçue par la famille
«Marie-Hélène nous fait encore réfléchir sur la conduite en état d'ébriété, a indiqué la mère de la victime, Nicole Parent, lors d'un bref discours adressé aux médias. Il faut trouver des moyens. Je pense qu'une sentence de six ans et demi, c'en est un. Il y en a d'autres.»
Mme Parent a émis le souhait qu'aucun parent n'ait à vivre ce qu'elle a vécu, et s'est dite bien entourée pour passer à travers cette épreuve. Elle a aussi indiqué avoir eu confiance dès le début dans le travail du juge Gosselin, et elle dit être d'accord avec la sentence qui a été donnée à celui qui a causé la mort de sa fille.
Retour sur les événements
C'est le mardi 28 août que la vie de Marie-Hélène Primeau, 17 ans, a basculé. Peu après 21h, elle venait de terminer son quart de travail au Café Gaïa, et rentrait chez elle à vélo.
Quelques minutes avant de croiser sa route, Rémi-William Comeau quittait le bar le Taboo, où il consommait alcool et effeuilleuses depuis midi. Chancelant, il a quitté l'établissement à bord de son camion Sierra 1992, et ce, malgré le fait que les employés du bar aient appelé un taxi. Il aurait consommé une douzaine de bières, ainsi que de la tequila. Une journée qui lui aurait coûté entre 1500 et 2000$.

Comeau a alors percuté un premier véhicule stationné tout près, avant de s'engager sur le boul. Gréber. Il a ensuite embouti un autre véhicule, sans s'arrêter. À l'intersection de la rue St-Louis, il a omis de s'arrêter à la lumière rouge. Un panneau de signalisation a également été embouti par Comeau.

Une fois sur le pont Lady-Aberdeen, qui était en rénovation à ce moment-là, le véhicule conduit par Comeau est entré en collision avec une voiture venant en sens inverse. Encore une fois, il a poursuivi sa route, avant de traverser la voie, et de finir sa course 22 mètres plus loin, où il a écrasé la victime contre le parapet. Celle-ci aurait été traînée sur près de 7 mètres, et ce n'est que 13 mètres plus loin que Comeau s'est arrêté.

Au total, Rémi-William Comeau a parcouru 1,1km entre le Taboo et la fin de son périple mortel. À peine cinq jours plus tôt, il a assisté à sa dernière rencontre thérapeutique. Il était sobre depuis le 15 octobre 2006.

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