Une médecine qui s'est avérée mortelle et marquante….
L'amélioration de l'humanité en encourageant la reproduction de certains individus, tout en empêchant d'autres de le faire, a par le passé été justifiée par la médecine, notamment durant le régime nazi. Cette théorie, appelée eugénisme, fait l'objet d'une exposition présentée jusqu'au 11 novembre au Musée canadien de la guerre.
«Plusieurs personnes se demandent comment l'holocauste a été possible. Nous tentons d'aider les gens à comprendre et cette exposition est l'une des façons de le faire», a indiqué Dre Susan Bachrach.
L'exposition intitulée Médecine mortelle, Créer la «race supérieur» comporte six sections. Artefacts, images pour le moins évocatrices et témoignages troublants sont au programme.
«L'exposition examine les façons dont le régime brutal nazi a utilisé la médecine dans la poursuite de ses objectifs», explique le Dr. Jeff Noakes. La médecine était alors utilisée pour justifier à la fois la ségrégation, le racisme, les meurtres massifs et, finalement, l'holocauste lui-même.
«Cette exposition lève le voile sur le régime nazi et les atrocités qu'il a commises», a laissé entendre Mark O'Neil, directeur général du Musée.
Cette phrase, prononcée par Joseph Goebbels, ministre de la propagande du rassemblement du parti nazi en 1938, en dit d'ailleurs long sur la façon de penser de l'époque: «Notre point de départ n'est pas l'individu, et nous ne sommes pas d'avis que nous devons nourrir ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif ou vêtir ceux qui sont nus. Nos objectifs sont tout à fait différents: Nous devons avoir un peuple sain afin de dominer le monde.»
Un volet de l'exposition est réservé à l'eugénisme canadien et américain, car cette forme de sélection et de politique raciale a également été exercée en Amérique du Nord. D'ailleurs, une Loi sur la stérilisation sexuelle a été en vigueur en Alberta entre 1928 et 1972. La Colombie-Britannique a été la seule autre province à exercer une telle loi.
Un cas canadien a d'ailleurs fait les manchettes au milieu des années 90, alors que Leilani Muir a poursuivi le gouvernement albertain pour l'avoir stérilisée alors qu'elle n'avait que 14 ans, et ce, en raison d'un seul test psychologique jugé non satisfaisant. Mme Muir a gagné sa bataille en 1996. Son histoire, et son témoignage, tout comme celui de plusieurs autres, font partie de l'exposition.
Fidèle à son habitude, le Musée canadien de la guerre propose plusieurs panneaux explicatifs, tout en donnant des explications concises et claires.
Une conférence portant sur l'identification des fosses communes dans lesquelles ont été enterrés des Juifs de l'Europe de l'Est sera présentée par un spécialiste en la matière, le père Patrick Desbois, le jeudi 30 octobre prochain en lien avec cette exposition.
L'exposition a été créée par l'United States Holocaust Memorial Museum de Washington. Présentée par le passé en Allemagne, elle le sera à nouveau en mars prochain, cette fois à Berlin.