Plonger de trois mètres… vers les Olympiques
Près de quatre mois après avoir reçu l'invitation "surprise" de participer aux essais olympiques, la plongeuse gatinoise Catherine Mallette se rendra à Victoria la semaine prochaine, le cœur léger et avec l'objectif principal d'avoir du plaisir.
«Surprise, tu dis? C'était vraiment inattendu. J'étais même pas supposée aller aux Canadiens senior», s'exclame la plongeuse.
C'est pourtant à cette compétition que Catherine a terminé au 12e rang lors de la finale. Un résultat qui lui a valu une invitation aux essais olympiques.
Depuis, l'étudiante en hygiène dentaire a mis tout en œuvre pour être fin prête. «J'ai arrêté de travailler, je me suis pris un entraîneur personnel», énumère-t-elle entre autres. La fin de la session collégiale a aussi allégé son horaire et lui permet de s'entraîneur plusieurs fois par semaine.
Un entraînement d'une semaine au Mexique à la mi-avril lui a également permis de perfectionner à la fois son plongeon et son bronzage!
La plongeuse de 19 ans ne s'est pas pour autant fixé d'objectifs insurmontables: «J'ai appris avec le temps, dit-elle à ce sujet. Quand tu te fixes des objectifs trop haut, et que tu vois que ça fonctionne pas, ça te détruit.»
Son objectif alors? «Un gros zéro!», rigole la sympathique plongeuse, index et pouce collé ensemble pour bien illustrer ses propos. «Je ne m'attends à rien. J'y vais pour le plaisir. Le meilleur scénario? Que je fasse les finales… sans pour autant y penser. C'est pas mon objectif là…», tient-elle à préciser!
Le défi d'une Québécoise en Ontario…
Il y a un peu plus d'un an, la plongeuse gatinoise ne songeait même pas aux essais olympiques. Ni même au plongeon. En fait, elle a tout abandonné pendant dix mois et demi: «J'étais tannée. Le monde disait "plongeon" et je voulais mordre! J'avais besoin de socialiser, de voir mes amis, de voir mon amoureux, de faire autre chose. Ç'a été la meilleure chose au monde!»
En plus de lui permettre de renouveler sa passion pour son sport, cette jeune retraite lui aura permis d'adopter une toute nouvelle philosophie. «Je prends une année à la fois. Pour moi, la vie, c'est aujourd'hui. Demain, c'est un blanc», explique celle qui pourrait rêver d'une participation aux Jeux olympiques, possiblement en 2012.
Si elle poursuit la compétition, elle devra toutefois se trouver des alliés financiers. Pour cette plongeuse née en sol gatinois qui s'entraîne en Ontario, les fédérations sportives ne sont pas très généreuses: «Plongeon Québec refuse de me mettre dans une équipe parce que mes entraînements sont en Ontario. La seule façon que Plongeon Québec pourrait me recruter, c'est que je m'entraîne la moitié du temps au Québec. Mais on n'a pas de piscine, pas d'entraîneur…», déplore-t-elle.
Autre option, Plongeon Canada pourrait la recruter éventuellement, mais ses résultats devront être parmi les meilleurs au pays pour y arriver. D'ici là, aucune aide financière ne lui est accordée. Heureusement, Catherine peut compter sur des parents dévoués qui ont toujours suivi leurs trois filles dans leurs sports.
Catherine pourrait-elle quitter la région pour s'entraîner à Montréal, par exemple?
«Montréal ne m'intéresse pas du tout! Si je m'exile un jour, ça va être au Mexique!», rêve-t-elle plutôt. Les entraîneurs olympiens, la mentalité et l'entraînement extérieur ne sont que quelques aspects qu'elle affectionne de cet endroit.
C'est toutefois à Victoria qu'elle devra gérer son stress et plonger au meilleur de ses capacités, du 20 au 22 juin.