L’enseignante Line Hupé et la directrice de l’école La Source, Anne-Lucie Caron, entourée de quatre écoliers qui portent fièrement le polo qu’ils devront revêtir quotidiennement dès septembre, Sébastien, Lara, Marie-Ève et Gabrielle. (Photo: Daniel LeBlanc)
L’école La Source fera figure de pionnière dès le mois de septembre
La Revue a appris en exclusivité que les 289 élèves de l’école La Source, dans le secteur Gatineau, devront revêtir un polo à manches courtes pour se rendre en classe, et ce, dès la prochaine rentrée scolaire. Il s’agit d’une première en Outaouais en ce qui concerne les écoles primaires.
Le comité de tenue vestimentaire de l’école, entre autres formé des enseignants Line Hupé et Denis Brazeau, travaillait sur une telle idée depuis l’automne dernier, car plusieurs parents avaient suggéré qu’une telle politique soit mise en place. Un sondage effectué auprès de ces derniers au mois de décembre a permis d’apprendre qu’ils étaient en faveur de l’implantation d’un projet comme celui-là dans une proportion de 79%. L’idée a par la suite mijoté grandement, si bien qu’il y a deux mois, on a proposé le tout au conseil d’établissement, qui a majoritairement accepté la proposition.
Mme Hupé soutient que le port de ces polos permettra de contrer la discrimination, éviter les comparaisons et créer un sentiment d’appartenance chez les écoliers. «On a beaucoup discuté avec les élèves, et ils étaient intéressés par l’idée, même ceux du troisième cycle», souligne-t-elle, précisant que les enseignants vont aussi porter ce vêtement lors des sorties d’école. Lorsque le temps sera plus froid, il ne sera pas interdit pour les élèves de revêtir un gilet à manches longues en dessous de leur polo, ou encore de porter une veste.
C’est cette semaine qu’avait lieu la séance d’essayage pour les élèves. Le coût unitaire des polos a été fixé à 10$ et c’est le magasin local Duguay Sports qui a été approché pour fournir les vêtements à l’école. Le bleu royal et le rouge bourgogne seront les deux couleurs officielles des nouveaux vêtements scolaires, sans compter qu’un logo de l’école sera brodé en blanc dans le haut du polo. Chaque élève pourra s’en procurer le nombre désiré, mais il leur sera obligatoire d’en avoir au moins deux. Plus les parents en achèteront, plus ils économiseront. Mme Hupé souligne qu’il s’agissait d’une mesure primordiale, puisque certaines familles comptent quatre, cinq ou même six enfants. La commande sera effectuée dans les plus brefs délais, si bien que les jeunes recevront leurs polos lors de la première journée d’école.
Selon la directrice de l’établissement, Anne-Lucie Caron, la mode est en pleine effervescence même chez les enfants, et des cas inacceptables dans une école ont parfois été observés. Des exemples? Chez les jeunes filles, on peut parfois apercevoir le soutien-gorge à travers le gilet, et certaines portent leurs pantalons à la hauteur du pubis. «On va pouvoir réduire cette gestion-là et se concentrer un peu plus sur la scolarisation des enfants», note-t-elle.
D’ailleurs, Mme Caron souligne que la commissaire de la CSD, Rachelle Laporte, qui s’occupe aussi de la polyvalente Le Carrefour, a noté que cette initiative avait été beaucoup plus facile à gérer qu’initialement cru, dans ce dernier établissement. La dirigeante de l’école croit aussi que le prix demandé aux parents pour les polos est loin d’être exagéré. «Dix dollars, c’est le coût moyen d’un chandail chez Wal-Mart ou à l’Aubainerie», dit-elle, soulignant du même coup que la direction est très ouverte à accorder des délais aux élèves qui n’auront pas leurs nouveaux vêtements à temps pour la rentrée scolaire.
Line Hupé assure qu’il est loin d’être question, du moins à l’heure actuelle, d’exiger que les élèves portent des uniformes complets. «Nous ne sommes pas rendus-là, on va attendre de voir si les parents et les élèves sont satisfaits. Il y aura peut-être des ajouts au cours des années, comme une veste ou des polars», affirme-t-elle. Elle espère que l’idée plaira à d’autres écoles de la région, au point où d’autres entreront dans la vague dans les années à venir.