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La CDEC doit demeurer ouverte selon son président

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 17 juin 2008 à 16:30
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La CDEC doit demeurer ouverte selon son président
Le conseil d'administration de la Coopérative de développement économique communautaire de Gatineau (CDEC)convoque ses quelque 100 membres et des représentants de la ville de Gatineau, ce soir en rencontre extraordinaire, afin de clarifier la situation présente concernant la coop d'aide aux milieux défavorisés.
Selon le nouveau président Michel Choquette (qui a remplacé Louis Giroux, qui a quitté ses fonctions en même temps que l'ancien directeur général Martin Joanisse), la sortie flamboyante de M. Joanisse dans les journaux le 2 mai dernier (et qui a mené au retrait des trois bailleurs de fonds de la CDEC, soit la Ville, le CLD et Développement économique Canada, le 6 mai) ne reposait que sur un voile de fumée qui cachait la réelle motivation de ses actions: une divergence d'opinion et de vision.

«On ne veut pas partir de guerre avec la ville, mais on a de la suite dans les idées, on n'est pas fous. La Ville de Gatineau cherche depuis longtemps à fermer la CDEC», tranche M. Choquette. Il croit que la Ville veut transférer les dossiers au CLD pour reprendre les 168 000$ que la Ville leur octroyait annuellement. Michel Choquette indique que le CLD a déjà commencé depuis le 24 mai à contacter les organismes chapeautés par la CDEC, qui d'ailleurs n'a plus d'employés actifs depuis le 13 mai, quand les bailleurs de fonds ont fermé les vannes.

«Ce qui me déplore le plus, c'est: où sont les conseillers dans tout ça?, se questionne le président. J'ai tellement de difficulté à comprendre ça! Ces gens-là le savent!»

Le conseiller du District du Lac-Beauchamp, Aurèle Desjardins, le sait, en effet. Il avait voté le 6 mai pour que l'entente avec la CDEC soit rompue, parce que, d'après lui, trop d'éléments litigieux entraient en ligne de compte. Ces éléments avaient été jetés sur la place publique par Martin Joanisse, appuyé par Louis Giroux. «C'était mon rôle en tant qu'élu de veiller à ce que ces fonds soient bien investis», lance celui qui admet avoir toujours supporté les actions de la CDEC.

Le conseil a notamment pris en considération cette histoire de "fraude de 100 000$", qui consistait en un prêt sans signature de la CDEC à Gestion CDEC. Tout cela s'est passé en 2004, quand la CDEC a pu acheter les locaux de la caisse Desjardins du 266, Notre-Dame, pour agrandir; Gestion CDEC, qui s'occupe de la bonne marche des locaux de la CDEC, a donc reçu ce 100 000$ pour cet agrandissement. Michel Choquette affirme qu'il n'y aucun conflit d'intérêt possible, car les membres des deux conseils d'administration sont les mêmes! «C'est plutôt bien s'occuper de ses intérêts!, ironise-t-il. C'est comme si tu faisais un prêt à ton frère et que tu ne lui chargeais pas d'intérêts et que tu ne lui disais pas quand le remettre», estime M. Choquette.
Le rôle de la Ville
Michel Choquette espère que la population ne souffrira pas trop de la possible disparition de la CDEC, car la coop encourage les plus démunis. Le président pense que si tous les dossiers sont relégués au CLD, les quartiers défavorisés vont pâtir. «Une fois que tout est centralisé au 25, Laurier, la femme qui veut partir une petite business de biscuits d'après la recette de sa grand-mère n'ira pas au 25, Laurier! […] La CDEC joue son rôle dans les mieux défavorisés et pour cela, ça prend des gens qui connaissent le milieu.»
Avis que partage entièrement Aurèle Desjardins: «Le CLD a un mandat plus large et entre l'économie sociale et l'économie "pure", il y a une marge! Faut être impliqué dans le milieu social pour faire du développement social. Alors, il sera important d'avoir une rencontre avec les services administratifs et les gens concernés pour trouver une solution. Peut-être recréer une CDEC ou un organisme qui viendra faire du développement social…»

Michel Choquette espère aussi pouvoir discuter avec le maire, qui ne veut pas le rencontrer encore. Il allègue que la Ville doit encore 80 000$ à la CDEC, car elle n'a pas respecté les 6 mois d'avis que la Loi exige avant de couper un financement, à moins que le bénéficiaire ait commis une faute. Le 6 mai, lorsque la Ville a mis fin à l'entente avec la CDEC, elle avait utilisé l'Article 2125 du Code civil du Québec pour se justifier. Selon M. Choquette, cet article ne correspond pas aux réalités du dossier. L'Article 2125 stipule que "le client peut, unilatéralement, résilier le contrat, quoique la réalisation de l’ouvrage ou la prestation de service ait déjà été entreprise".

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