Fêter… après avoir joué les médiateurs pendant des mois!
Une quarantaine d'élèves des écoles primaires du Sacré-Coeur, du Boisé, du Village et St-Michel ont pris part, ce mercredi à la plage du parc Moussette, à la journée récompense régionale qu'organisait CAP Santé Outaouais dans le cadre du projet Pacifique. Après avoir réglé des conflits pendant toute l'année en jouant le rôle de médiateur, les jeunes ont donc pu s'amuser... sans soucis!
Cinq autres écoles primaires étaient certifiées «pacifiques» au cours de l’année scolaire qui prend fin, soit les écoles du Plateau, St-Paul, Lac-des-Fées, Montessori et de la Vallée-des-Voyageurs. Toutefois, elles n'ont pu prendre part à cette journée toute spéciale car de nombreuses sorties scolaires avaient lieu au même moment.
Les élèves de quatrième, cinquième et sixième année, qui ont reçu une formation d'une douzaine d'heures en début d'année scolaire, ont joué le rôle de pairs médiateurs pendant les derniers mois. Leur mission première? Aider les autres à résoudre leurs conflits interpersonnels, qui, lorsque non-résolus, peuvent mener à des gestes de violence physique ou verbale. Choisis par leurs collègues de classe, ils sont reconnus pour leurs qualités d'écoute, de neutralité, d'engagement et de discrétion.
L'activité spéciale de mercredi est organisée chaque mois de juin pour leur dire merci. «C'est une activité de clôture qui permet de souligner leur travail et leur important engagement, un peu comme les brigadiers scolaires», de dire la conseillère en promotion des conduites pacifiques à CAP Santé Outaouais, Isabelle Côté. À son avis, le tout permet de développer un image positive de la jeunesse et ceux qui ont participé ont par la suite une meilleure confiance en eux-mêmes. «Les autres élèves vont se confier plus facilement grâce à eux et ils n'auront pas billets de conséquence», ajoute-t-elle.
Connus comme étant les petits «hiboux» (il s'agit du symbole de la collaboration dans le projet Pacifique), les élèves ont pu profiter de nombreuses activités de groupe, qu'elles soient intérieures ou extérieures, sans compter que certains d'entre eux ont bravé le temps frais et les averses en se baignant. «De cette façon, ils apprennent aussi à se connaître», souligne Mme Côté, précisant que les écoles sont toutes situées dans des secteurs différents de la ville, soit Aylmer, Buckingham et Masson-Angers.
Dans le cadre du projet Pacifique, environ 12 000 enfants ont reçu des ateliers de sensibilisation les aidant à développer leurs habiletés sociales et relationnelles pour ensuite mieux résoudre les conflits. De ce nombre, environ 700 ont reçu la formation en médiation. Une trentaine d'autres écoles de l'Outaouais participaient partiellement au projet lors de la dernière année, elles qui ont en main le guide d'implantation.
Isabelle Côté ne cache pas qu'elle aimerait que le plus d'écoles possible participent, mais elle dit être bien consciente des engagements que le tout implique. «Tout est dans l'art des enseignants pour intégrer le projet. C'est cela qui fait le succès ou non de la chose. C'est un projet qui mobilise énormément le personnel. Certaines écoles quittent quelques années et reviennent, d'autres sont là depuis plus longtemps», dit-elle, donnant en exemple l'école du Plateau, considérée «pacifique» depuis neuf ans.
C'est en 1996, soit cinq ans après avoir vu le jour, que l'organisme CAP Santé Outaouais a commencé à s’impliquer dans la promotion des conduites pacifiques dans les écoles primaires.