500 milliards $ en pub mondiale par année
Merde, c'est du fric. Et ça, chers curieux des yeux et abuseurs du sarcasme, c'est le budget annuel de la pub mondiale. L'ONU a estimé qu'avec 10% de ce montant, la faim dans le monde pourrait être enrayée, alors que Nostradamus prévoyait la même chose avec zéro piasse. Oups, lui avait prévu la fin, pas la fin de la faim. Enfin, vous êtes assez fin pour comprendre…
Ouais, autant que ça, 500 milliards. Ça, c'est 500 000 millions $ (ben, je crois, pas fort en maths le gars), c'est du cash en Saint-Simonack. Ces chiffres exorbitant (dans le sens qu'ils nous propulsent la rétine en dehors des orbites et directement dans le sac de popcorn ultra-cher du gars avec un afro qui nous cache l'écran) sont écrits noir sur blanc au générique du cynique et tordant film français 99 francs, mettant en vedette Jean Dujardin («OSS 117 pour vous servir»). Un long-métrage sur les déboires d'Octave, un publiciste qui fait tout pour que sa vie parte en couille, et une critique acerbo-acide du monde sans cœur de l'"advertaïzingne" comme disent les mangeurs de baguette.
Bref, c'est à voir d'urgence et ce n'est pas le cinéphile ou le marketeux raté en moi qui vous le commande, c'est le petit diable perché sur mon épaule qui adore voir le conformisme exploser au grand écran dans une marre de sang propre. Ça me fait autant rire qu'un spectateur qui quitte la salle en plein milieu du film, croyant que c'est un acte viril ou de débauche sociale quelconque. Bon, trêve de pub, je m'écoeure moi-même là…
La pub. Véritable industrie porcine qui sent le parfum, une bombe stratégique qui nous dit exactement où elle explosera mais qui arrive à en berner plusieurs quand même, un piège à rat avec un gros morceau de rêve dans le milieu, sur lequel on se garoche comme des Mozambiquois assoiffés d'abondance.
La pub. Je sais pas pour vous, mais juste ces trois lettres collées ensemble me font suer. Un pub, ça sonne convivial, chaleureux. Une pub, ça sonne viral et haineux. Et je ne m'attaque en aucun temps au genre de ce nom commun que l'on retrouve à la page 1197 du Multidictionnaire de la langue française © ("le meilleur, bien entendu, en vente dans toutes les bonnes librairies" – avouez la pub d'enfer), je suis très à l'aise avec le féminin. Est-ce ma faute à moi si l'inventrice des mots féminins était menstruée le jour où les lettres p-u-b se sont alignées dans sa tête? Tsss… toujours de la faute à l'autre!
Elle est partout cette pub. Sur la rue pour nous faire entrer dans le cul du chauffard que l'on suit, dans les chiottes pour précipiter nos gâteries, à l'école pour lobotomiser de nouvelles générations d'acheteurs, à la télé pour que nos ados nous cassent encore plus les oreilles que le niveau plus que normal qu'un parent peut endurer, à la radio pour nous donner notre dose de mauvaise adrénaline quotidienne (ça et le Red Bull chaud) et dans les journaux pour… oui, nous faire vivre (pas bon exemple, espérons que les patrons perdent momentanément la vision sans rester accroché et avoir besoin des services de Mira…).
Elle est partout vous dis-je, sauf dans le bois. Et ça, c'est une autre longue histoire de traditions composées de bines, de sciotte, de tuques des Nordiques, de chemises à carreaux noires et rouges, de sleigh tirée par des femmes à barbe, de maringouins géants, etc.. (Au fait, connaissez-vous l'origine du mot "maringouin"? En 1234 après Jézu, un capitaine de navire transsexuel, qui avait comme habitude de "piquer" les autres avec ses jokes chiennes, a été affublé de ce surnom car les matelots ne voulaient pas l'appeler "maringouine" de peur de faire de la planche. – Tranche de notre histoire coupée à même le gâteau des Archives inutiles du Québec et dans le Guide du Parfait Pirate Maboul.)
Sans vous dévoiler le punch, disons que notre Octave prend sa revanche à quelque part vers la fin du film, mais je ne vous dis pas à quel endroit. Il fait passer son client bourré aux as pour un beau creton devant des millions de personnes et ça, mes amis, ça vaut 500 milliards de balles. Le genre de truc qu'on devrait voir plus souvent dans la vraie vie vraie, le genre de claque 'dans face qui pourrait être assénée à quelques requins qui nous prennent pour des naïfs.
Le pire… c'est qu'on l'est un peu. Non? On a besoin de rêve, de mirages, de menteries pour être franc envers soi. Mais a-t-on besoin de 500 milliards $ pour enrichir ceux qui nous baisent, au détriment de ceux qu'on pourrait nourrir à grands coups de boîtes de Kraft Dinner©? (Dernière, promis.)
Attendez, je pense à un concept marketing et je vous rappelle de mon Bluetooth que je porte partout, même aux chiottes, là où y'a d'la pub en masse pour déféquer.