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À la santé des seins!

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Article mis en ligne le 22 juin 2008 à 7:00
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À la santé des seins!
Deux femmes importantes pour la Clinique Régionale des maladies du Sein de l'Outaouais: Christine Ménard, agente administrative, et Liette St-Jean, infirmière. (Photo: Dominique Poirier)
À la santé des seins!
Depuis un peu plus de deux ans, la Clinique régionale des maladies du sein de l'Outaouais rassure, offre des consultations, informe, traite les femmes (et les hommes, bien qu'en quantité minime) et surtout, fait la promotion de la santé du sein et du dépistage du cancer.
«Ce n'est pas "la" clinique du cancer du sein», précise d'emblée Liette St-Jean, infirmière responsable de la clinique. Le but premier de la clinique est de détecter les cancers du sein pour diminuer les décès par cette maladie, mais d'autres situations autres que le cancer peuvent nécessiter une consultation.

Du mois d'avril 2007 à avril 2008, 900 femmes ont été vues par la clinique. De ce nombre, 23 ont reçu un diagnostic de cancer du sein, souvent détecté plus tôt que si la patiente avait utilisé la voie médicale habituelle: «Le privilège qu'ont les femmes, c'est de ne pas avoir besoin de consultation médicale pour être vues», explique Mme St-Jean.

La réalité à laquelle fait face la région a d'ailleurs motivé l'implantation d'une telle clinique, initiée par le Dr. Éric Bégin dès 2002. «Le problème, c'est qu'on n’avait pas de clinique. Le problème le plus criant, c'est qu'on n’avait pas de médecins de famille», évalue Liette St-Jean.

Grâce au travail de cette infirmière et d'une équipe de spécialistes, les femmes qui perçoivent une bosse, qui souffrent de douleur au sein, qui ont des écoulements du mamelon, qui constatent des rougeurs ou des changements au niveau de leurs seins peuvent obtenir une consultation téléphonique rapidement. Une conversation qui rassure et éclaire plusieurs femmes. Un rendez-vous, pas toujours obligatoire, est alors pris: «Je préfère leur donner rendez-vous et qu'elles l'annulent. Comme ça, il y a un suivi», explique l'infirmière.

Parce que chaque douleur n'est pas nécessairement maligne, et chaque rougeur n'est pas obligatoirement dramatique: «On ne parle plus d'auto-examen des seins. On parle d'examiner ses seins. On a toute un miroir. On lève les bras, baisse les bras, et on regarde. Il faut être à l'affût des changements.»

Depuis un peu plus de deux ans, la clinique a connu des changements, pour la plupart favorables. La ressource est bien évidemment mieux connue, ce qui a permis d'attirer une plus grande clientèle. L'expertise s'est aussi développée, et, si on en croit Liette St-Jean, les examens oncologiques sont utilisés à meilleur escient. Sans compter que l'arrivée de la clinique a fait en sorte de diminuer le nombre de patients qui se présentait à l'urgence.

La qualité de vie des patients s'est aussi améliorée: «Ce qu'on évite, c'est tous les délais. Et les délais, ça n'a pas de prix», concède Mme St-Jean.

Avec les soins qui s'améliorent, les tabous liés à tout ce qui entoure les seins diminuent, et le silence n'a plus sa place dans cette épreuve: «Quand on demande s'il y a des cas de cancer du sein dans leur famille, les gens nous répondent. Ce n'était pas toujours le cas avant. Les gens ont compris que si on veut protéger les siens, il faut le dire. Il n'y a plus de honte, il y a de la souffrance dans le cancer du sein», conclut Mme St-Jean.
Pour contacter la Clinique des maladies du sein, composez le 819 561-8100, poste 3111.

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