À la découverte des chants d'oiseaux… et de la Baie McLaurin!
Après avoir été discret pendant de nombreux jours, le soleil s’est enfin montré le bout du nez, samedi, au grand plaisir du Conseil régional de l’Environnement et du Développement durable de l’Outaouais (CREDDO), qui organisait, à la Baie McLaurin, une activité animée par deux ornithologues de la région, Roland Schryer et Jean-Pierre Artigau.
Au total, une vingtaine de personnes, passionnés de la nature ou simplement curieuses, ont répondu à l’invitation de l’organisme. Le but principal de l’activité était d’apprendre aux gens les bases de l’observation des oiseaux, en plus d’avoir du plaisir à reconnaître leurs chants, qu’on peut entendre au quotidien mais qu’on ne distingue pas nécessairement. D’ailleurs, M. Artigau a affirmé que la période actuelle en est une où nous devons tendre l’oreille plus que jamais dans l’année, puisque nous sommes en plein cœur de la période de nidification, et les voix des oiseaux se font entendre bien plus.
Cette matinée spéciale, organisée pour la toute première fois, avait lieu en plein cœur de la nature, sur les sentiers qui longent la Baie McLaurin, le long de la rivière des Outaouais, dans l’est du secteur Gatineau.
La chargée de projets au CREDDO et initiatrice de cette activité, Delphine Azoulay, répond à la négative lorsqu’on lui demande si la population de la région connaît suffisamment bien la Baie McLaurin et les milieux humides. Selon elle, il s’agit d’un trésor caché de l’Outaouais. «C’est une richesse en plein milieu de la ville. Il y a ici un écosystème vraiment riche, qu’on parle de la faune ou de la flore», commente-t-elle.
En fait, les idées se multiplient depuis quelque temps au CREDDO avec ce grand espace qui appartient au ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec. Avec son projet de mise en valeur des terres humides du complexe Baie McLaurin - Baie Clément, l’organisme a entre autres aménagé sentier pédagogique de 1,6 kilomètre de long, en plus d’un pont flottant. En plus de veiller à faire de la récréo-éducation, l’objectif de ce projet est de conserver et améliorer les habitats fauniques. D’ici la fin de l’été, Mme Azoulay affirme qu’une tour d’observation ainsi qu’un belvédère devraient être construits puisque le CREDDO a obtenu du financement dernièrement pour aller de l’avant avec cette idée.
La Baie McLaurin, qui a une superficie d’environ 520 hectares (5,2 kilomètres carrés) dont 80% sont des zones marécageuses, abrite plusieurs espèces d’oiseaux (dont le Petit Blongios, une espèce menacée de disparition), de mammifères, de végétaux, de poissons, de reptiles et d’amphibiens. La bernache du Canada, le grand héron, l’érable argenté, la zizanie aquatique, le castor, le rat musqué, le vison d’Amérique, le cerf de Virginie, la couleuvre rayée, la grenouille léopard et le méné jaune ne sont que quelques exemples. Environnement Canada estime que les terres humides représentent 14% de la superficie du pays.
Le CREDDO prépare d’autres activités au cours des prochaines semaines, dont un après-midi de contes et observations sur les tortues, au début du mois d’août. Quant à cette matinée d’observation d’oiseaux et de visite de la Baie McLaurin, elle devrait encore avoir lieu l’an prochain.