Nathalie Nadon a beau habiter la région torontoise depuis plusieurs années, elle n'a pas encore oublié la région qui l'a vue grandir. Celle qui a foulé les planches de la région de la Capitale nationale tout l'hiver avec Les monologues du vagin sera de retour sur scène le 30 juin, cette fois, en chanson.
C'est un peu grâce à ces monologues que Nathalie Nadon se retrouve sur la programmation du Festival international de Jazz d'Ottawa. Alors en tournée avec Réseau Ontario, la comédienne a reçu la visite de Jacques Émond, directeur artistique du Festival. C'est le directeur de la Nouvelle-Scène, Richard Lebel, qui l'avait invité. Il n'en fallait pas plus pour que la volubile artiste se voie offrir la possibilité de se donner en spectacle à ce grand festival!
La comédienne troque depuis longtemps ses costumes de scène pour laisser davantage de place à sa voix. «Je suis comédienne d'abord, dira-t-elle à ce sujet. J'ai dit longtemps que j'étais une comédienne avec une voix. Là, je pense que je suis une chanteuse.»
D'ailleurs, pourquoi celle qui a tous les talents devrait-elle choisir? «Chanter ou être comédienne, l'important, c'est d'être sur une scène, estime Nathalie Nadon. Il y a quelque chose sur scène que tu ne trouveras jamais ailleurs.»
Entourée de ses trois musiciens, Nathalie Nadon aura d'ailleurs la chance de donner un spectacle dans l'une des salles qu'elle considère parmi les dix plus belles au pays: le studio du Centre national des arts, à Ottawa. «Pour une artiste de l'Outaouais, comédienne de formation, le CNA, c'est une institution», admet-elle. Une institution gravée depuis belle lurette dans la tête de Nathalie, elle qui a fait ses débuts sur scène au CNA, dès l'âge de trois ans lors d'un spectacle de ballet-jazz!
Cette fois, ce sont les belles années des cabarets qui seront à l'honneur. Des titres principalement inspirés de l'album
So In Love, enregistré en 2005 par Nathalie et son directeur musical de mari, Michael Barber. «Ce qui m'accroche de ces textes-là, c'est la théâtralité. Je ne dis pas que Britney (Spears) n'a rien à dire, mais ce qu'Édith (Piaf) me raconte m'accroche plus», de dire celle pour qui Holly Cole, Diana Krall et Ella Fitzgerald sont des inspirations au quotidien.
Nathalie Nadon apprécie tant la chanson française qu'elle a réussi à transmettre cette passion à ses musiciens, pourtant nés sous la langue de Shakespeare. Outre son pianiste et directeur musical Michael Barber, le contrebassiste Michael Herring et le batteur Jay Boehmer l'accompagneront sur scène.
Les chansons de langue anglaise ne seront pas pour autant mises de côté. En fait, la chanteuse explique que les deux langues seront à l'honneur, à égale proportion. «Ce n'est pas un choix politique!», précise toutefois Nathalie, qui note plutôt que le contexte et le répertoire se prêtent plutôt à ça.
Si elle s'arrête dans la région le 30 juin, son arrêt sera de courte durée, puisqu'elle s'envolera ensuite vers Terre-Neuve, où elle donne des cours chaque été depuis trois ans à des jeunes intéressés au théâtre et à la comédie musicale.
À l'automne, les présentations des
Monologues du Vagin débuteront à nouveau. Et comme entre les deux, son cœur balance, la chanteuse-comédienne préparera aussi un deuxième album. D'ici là, c'est au Studio du CNA qu'elle s'arrête, le lundi 30 juin à 22h30. Pour information,
www.ottawajazzfestival.com.