Entrez dans les tranchées et ressentez la solitude des soldats!
Le Musée canadien de la guerre souligne le 90e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale avec Les tranchées – l'art de survivre, une expo constituée d'artefacts et d'informations pigés uniquement dans les voûtes et les archives nationales, qui décrit un peu comment les soldats trouvaient le moyen de vivre dans cette angoisse constante.
La solitude, la peur, la mort, étaient des concepts synonymes pour ces 620 000 soldats (sur 8 millions de Canadiens) qui se sont enrôlé en 1914. Vivant dans les tranchées pour se protéger des éclats d'obus, ces hommes rêvaient du jour où le clairon chanterait leur retour à la maison. Mais durant les quatre longues années qu'aura duré la guerre, les soldats devaient survivre et s'assurer de jouir d'un certain équilibre psychologique…
Les visiteurs entreront dans les tranchées à leur tour en rencontrant des soldats disparus qui racontent leur histoire. Certains seront surpris d'apprendre que les hommes ne passaient pas leurs journées à stresser ou à s'apitoyer sur leur sort! «Ils ne savaient pas quand ils retourneraient à la maison, alors ils se sont demandé comment ils pourraient garder leur humanité», glisse le gestionnaire des communications au MCG, Pierre Leduc. Ainsi, l'expo démontre que plusieurs d'entre eux écrivaient, jouaient aux cartes et savaient travailler de leurs mains; une des pièces de résistance est un service de thé fabriqué avec des obus!
Ces passe-temps étaient essentiels pour que les hommes ne reviennent pas trop "zombie" de la guerre. La camaraderie et l'entraide ont donné la chance aux survivants d'aspirer à une existence de qualité après la résolution du conflit. Pierre Leduc sait bien que le sujet des chocs post-traumatiques est d'actualité et que les gens sauront faire le lien avec la Première guerre et celle qui perdure en Afghanistan.
Plus qu'une occasion d'entrer dans la bulle des soldats, l'expo met des trucs en perspective 90 ans plus tard: «C'est un conflit qui a permis au Canada de se faire connaître partout dans le monde grâce au sacrifice de 60 000 soldats. La Grande-Bretagne nous a donné plus de latitude, on n'était plus seulement un territoire!», précise Pierre Leduc.