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Des femmes marchent, explorent et analysent… pour ensuite recommander!

Daniel LeBlanc par Daniel LeBlanc
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Article mis en ligne le 29 juin 2008 à 11:00
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Des femmes marchent, explorent et analysent… pour ensuite recommander!
Ces 13 femmes du Centre des aînés de Gatineau, accompagnées de quelques intervenantes et d’une policière, n’ont qu’un but commun: améliorer la sécurité à Gatineau.
Des femmes marchent, explorent et analysent… pour ensuite recommander!
Un groupe de 13 femmes âgées de 50 ans et plus s’est engagé depuis quelques mois dans une cause qui leur tient bien à cœur: la sécurité. En effet, le Centre des aînés de Gatineau participe activement au projet «Créer des communautés plus sécuritaires pour les femmes marginalisées et pour toute la communauté», mis sur pied par l’organisme mondial Femmes et villes international (FVI).
Cette initiative de FVI, qui a pu être développée grâce à une subvention accordée par Condition féminine Canada, consiste à créer des partenariats entre les groupes de femmes et les municipalités par la mise en œuvre d’approches et l’énoncé de recommandations dans le but de rendre les communautés et les quartiers plus sécuritaires. Comment? En effectuant des marches exploratoires, à différents moments du jour et dans des endroits ciblés, afin de noter des lacunes au niveau de la sécurité.

Quatre groupes féminins sont ciblés dans ce projet, et c’est Gatineau qui a été choisie comme ville représentante de la femme âgée. Trois autres groupes d’une catégorie différente ont été formés. Les villes de Regina, en Saskatchewan, Montréal, au Québec et Peel, en Ontario, sont les endroits qui représenteront respectivement la femme autochtone, handicapée et immigrante.

À Gatineau, la première a eu lieu le 4 juin au parc du Lac-Beauchamp, et la deuxième se tiendra toujours au même endroit, au cours du mois de septembre. En premier lieu, le chalet et la plage ont été analysés, alors que cet automne, c’est l’aire de stationnement et les sentiers pédestres qui seront scrutés à la loupe. Quant à la troisième et dernière marche, elle se tiendra en novembre dans le garage souterrain de la Maison du Citoyen, qui, parce qu’il s’agit d’un lieu sombre, est une hantise pour de nombreuses dames. Une policière du SPVG accompagne d’ailleurs le groupe de femmes lors des marches.

La coordonnatrice du projet, Michèle Osborne, affirme à titre d’exemple que beaucoup de jeunes se réunissent tard le soir au parc du Lac-Beauchamp, et que certaines mesures ont été mises en place par la ville pour bien encadrer le tout, mais que le but du projet n’est pas de créer un fossé entre les aînés et la jeunesse. «On ne veut pas qu’un chasse l’autre», lance-t-elle.

Au fond, la grande question que l’on peut se poser est: est-ce que les femmes se sentent en sécurité à Gatineau? «Pas pour marcher seule, même le jour à certains endroits. On se sent facilement isolée. La peur est là. Dans mon environnement, je connais deux dames qui se sont fait arracher leur sac à main», note l’une des deux porte-paroles du groupe, Nicole Brisebois, âgée de 63 ans. Sa collègue, Laurette Roy-Gaulin, âgée de 68 ans, est du même avis. «On a tous besoin de se sentir en sécurité en marchant, surtout en vieillissant. À l’âge de 20 ans, c’est une autre histoire», soutient-elle avec un sourire en coin, précisant qu’on sentait moins la criminalité il y a plusieurs années.

Selon elles, les recommandations qu’elles émettront à l’issue des trois années sur lesquelles s’étend le programme seront, en plus de la sécurité, aussi utiles en cas d’urgence, tel que lors d’une randonnée en forêt. «Personne n’est à l’abri, le député Benoît Pelletier lui-même s’est égaré dans le Parc de la Gatineau», de dire Mme Roy-Gaulin.

La ville de Gatineau voit d’un bon œil cette idée. «C’est bien vu dans le sens où l’on se veut une ville qui, par ses différentes politiques, est inclusive. On veut que les gens puissent se promener en toute sécurité. Des fois, ce sont de simples petits gestes qui font toute la différence», note le conseiller municipal du district du Lac-Beauchamp, Aurèle Desjardins. Selon lui, le Centre des aînés de Gatineau s’est vu confier ce projet grâce à sa grande notoriété et son rayonnement. «Un rapport comme celui-là va nous guider lorsqu’on façonne un plan d’aménagement», dit-il.

Laurette Roy-Gaulin et Nicole Brisebois, qui sont grands-mamans 13 fois plutôt qu’une, espèrent bien que les améliorations qui seront apportées pour rendre notre communauté plus sécuritaire profiteront bien sûr à toute la population, mais aussi à leurs petits-enfants, au cours des décennies à venir.

Le premier stade du projet, soit la formation sur le développement et la mise en œuvre de marches exploratoires, a eu lieu de novembre 2007 à avril 2008. La deuxième étape, soit la tenue des marches en tant que telles, s’étirera jusqu’au printemps 2009. Le troisième stade consiste à la mise en œuvre d’au moins deux recommandations par groupe cible (à Gatineau, on en comptabilise déjà plus de 40 après une seule marche, semble-t-il…), entre avril 2009 et août 2010. En ce qui a trait à l’ultime étape, c’est-à-dire la rédaction et la distribution d’un rapport sur les conclusions du projet, s’étendra sur 8 mois, d’avril à novembre 2010.

Le groupe de femmes qui prennent part au projet à Gatineau est composé de Nicole Brisebois, Wendy Corriveau, Suzanne Desormeaux, Micheline Ferland, Huguette Gaudreau, Marjolaine Gauthier, Claire Hubert, Ghislaine Labonté, Ginette Lavictoire, Céline Lefebvre, Hélène Poirier-Thibault, Laurette Roy-Gaulin et Marie Trottier. La moyenne d’âge est de 66 ans.

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