Tous unis pour frapper à la porte du Parlement de Québec
Un groupe d’environ 200 personnes de l’Outaouais a quitté Gatineau, ce vendredi, pour aller prendre part, samedi, à une grande manifestation organisée par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui réunira plus de 1000 personnes en plein cœur de la ville de Québec.
Tous ces gens dénoncent vivement la situation qui prévaut dans de nombreux endroits du Québec en ce qui concerne le logement et l’itinérance. Ayant lieu en même temps que les festivités soulignant les 400 ans d’existence de la capitale provinciale, cette manifestation entoure le «Camp des 4 Sans», c’est-à-dire les citoyens qui sont sans toit, sans le sou, sans droits et sans voix.
Jeudi, environ 80 personnes provenant de diverses régions de la province, dont l’Outaouais, ont poussé leur cri du cœur jusqu’à installer des tentes en plein cœur de la Vieille capitale. Elles ont habité dans ce campement pendant environ 48 heures.
De nombreux représentants d’organismes membres du Collectif régional de lutte à l’itinérance de l’Outaouais (CRIO) ont quitté la région pour participer à ce grand rassemblement. Nancy Michaud, de l’organisme Mon Chez-Nous, «Samuel de Champlain, à son arrivée, il y a 400 ans, a eu comme premier souci l’«abitation» (on l’épelait ainsi à l’époque). Il a trouvé une grande maison pour les gens qui débarquaient du bateau avec lui. En 2008, ça devrait être encore une préoccupation», dit-elle.
Mme Michaud soutient qu’il est inconcevable que des personnes doivent consacrer 80% de leurs revenus totaux au coût mensuel de leur loyer. «Il ne reste vraiment pas grand-chose pour le reste, comme la nourriture et les factures à payer», dit-elle, ajoutant qu’il est primordial que l’on construise davantage de logements sociaux et que l’État majore les montants accordés aux gens vivant sur l’aide sociale. Elle avoue ne pas savoir si le gouvernement pliera à leurs exigences, mais considère que de sensibiliser le public est déjà un grand pas en avant.
Le président du conseil d’administration de Mon Chez-Nous, Benoît Fortin, croit pour sa part que même si le taux d’inoccupation des logements est loin d’être critique comme il l’a déjà été il y a quelques années, les prix de ceux disponibles sont beaucoup trop élevés. «Il faut manifester, car le début juillet, ce n’est pas la fête pour tout le monde», lance-t-il, convaincu que le gouvernement devra les entendre.
À ce jour, plusieurs personnalités ont manifesté leur appui au Camp des 4 Sans, dont le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, les comédiens Emmanuel Bilodeau, Sylvie Legault et Danielle Proulx, les chanteurs Gilles Vigneault, Richard Desjardins et Dan Bigras, ainsi que les porte-parole de Québec solidaire, Françoise David et Amir Khadir.