La crise du logement perdure d'après les organismes d'aide
Le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy, continue de gruger l'os de la crise du logement en soutenant que si le gouvernement n'aide pas d'urgence les familles ne pouvant se payer un loyer inabordable, il faudra trouver un moyen de construire plus rapidement de nouveaux logements sociaux.
Même si le gouvernement ne reconnaît plus que l'Outaouais est en crise du logement, François Roy estime que les chiffres ne sont pas les seuls témoins de la détresse des familles monoparentales sans foyer ou sans revenu suffisant pour répondre à leurs besoins de base. De 40 à 60 de ces familles viennent cogner mensuellement à la porte des organismes d'aide comme Logemen'occupe ou Les Œuvres Isidore-Ostiguy. De ce nombre, plusieurs perdent la garde de leur(s) enfant(s) parce qu'elles ne peuvent se payer un loyer décent. Et la situation n'est pas plus rose du côté des personnes âgées, car on remarque un important taux d'inoccupation dans les résidences, dont les loyers sont souvent très dispendieux. En fait, l'Outaouais est encore la région québécoise où le prix des loyers est le plus élevé.
Les deux organismes ont dressé mercredi matin un rapide portrait des ménages qui ont actuellement besoin d'être logés: 13 personnes seules, un couple, une famille avec trois enfants et une avec quatre, cinq familles monoparentales avec un enfant, six avec deux, huit avec trois, deux avec quatre et une avec cinq, font partie du lot.
Avant cet été, le gouvernement du Québec aidait financièrement ces familles à se reloger avec le Supplément au loyer d'urgence, de sorte que ces dernières n'avaient qu'à payer une infime partie du loyer. Mais depuis que le statut de l'Outaouais a changé, seulement deux unités (sur 100 à travers la province) sont disponibles pour les situations d'urgence. Évidemment, ces deux loyers sont déjà comblés. Les gens doivent donc se tourner vers le privé, mais, comme dans le domaine de la santé, ce marché n'est pas accessible à toutes les poches!
C'est le cas de Jean Plamondon, un père monoparental de cinq enfants qui réside dans les nouveaux appartements de Logemen'occupe depuis novembre dernier. D'habitude, l'organisme accueille les locataires pendant six mois, mais vu que les enfants jouissent enfin d'un peu de stabilité et obtiennent de meilleures notes à l'école, Logemen'occupe a tout fait pour que les Plamondon obtiennent un prolongement et n'entrent pas dans le cercle vicieux de l'endettement, qui mène inévitablement à l'évincement.
«Je sais que je suis choyé d'avoir un logement ici, admet Jean Plamondon. Je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas beaucoup de logements, j'ai réalisé à quel point il y avait une crise. Alors, je sais que je suis chanceux, mais je sais qu'ils (les organismes) ont besoin d'aide.»
Une solution réalisable
«J'ai l'impression de toujours peser sur le même bouton, ironise François Roy, ça fait des années qu'on dit qu'il faut construire davantage de logements sociaux si on veut en finir avec cette situation-là.» Il sait que plusieurs chantiers sont en cours ou en voie de construction, mais il croit que les délais de livraison sont trop longs (de 5 à 7 ans).
François Roy estime que la Ville de Gatineau a un rôle important à jouer pour améliorer ces délais: «Il faudrait qu'elle fasse une demande de ville mandataire, de sorte que les organismes qui veulent développer des projets n'aient pas à déposer la demande à la Société d'habitation du Québec, mais directement à la Ville de Gatineau. À l'heure actuelle, les fonctionnaires de la SHQ sont surchargés de travail parce que le gouvernement a coupé dans les ressources humaines, ce qui retarde la livraison des projets.»
La Ville annonce 272 unités
La Ville de Gatineau a annoncé le même jour qu’elle réservait un montant de 5 379 069$ pour la construction de 272 unités de logements sociaux et communautaires dans le cadre de programmes de la SHQ. Le conseil municipal confirmera par résolution la contribution de la Ville de Gatineau lorsque chaque projet aura obtenu un engagement conditionnel de la SHQ.
«Ces projets contribueront à améliorer la qualité de vie de ménages gatinois à faible revenu. Le dossier du logement abordable a toujours été l’une de mes priorités et je suis toujours déterminé à atteindre l’objectif de 700 nouveaux logements abordables d’ici la fin de 2009», a déclaré le maire de Gatineau, Marc Bureau.
Le 22 avril dernier, le conseil municipal a lancé l’appel de propositions 2008-09 pour le logement social et communautaire. Les projets soumis ont été étudiés en fonction des objectifs et critères établis dans le Guide du fonds de logement social adopté à cet effet par le conseil municipal.
Voici la liste des projets autorisés, par secteurs. Aylmer: trois projets pour 96 logements; Buckingham: un projet pour 36 logements; Hull: deux projets pour 44 projets; Gatineau: deux projets pour 96 logements.