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Petites annonces: grands rires!

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 2 juillet 2008 à 22:16
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Petites annonces: grands rires!
Nathaly Charrette, Benoît Osborn, Vincent Poirier et Isabelle Bélisle dans une scène loufoque de J. F. cherche homme désespérément. Photo: Mélanie Provencher
Petites annonces: grands rires!
Le Théâtre de l’Île risque de divertir cet été avec J. F. cherche homme désespérément de Carole Tremblay, un show pour les filles où des caricatures d’hommes toutes plus tordantes les unes que les autres viennent nous rappeler que les amis ne sont peut-être pas le meilleur moyen pour rencontrer l’âme sœur…
Mireille est mariée et veut matcher Liliane: elle se met donc en tête de l’inscrire aux petites annonces. La pauvre célibataire accepte à contrecoeur que sa meilleure amie «gère» sa vie amoureuse, mais ce qu’elle redoutait arrive: la valse des hommes que Mireille fait danser dans son appartement s’avère une brochette de paumés, une kyrielle de stéréotypes sur deux pattes style «veste de cuir – zéro raffinement» ou «Nœud papillon – timidité excessive». Bref, c’est le calvaire pour les deux, l’enfer sur Terre!

Malgré ce qu’on pourrait penser au premier abord, J. F. cherche homme désespérément n’est pas une pièce qui brûle les petites annonces et les rencontres arrangées sur le bûcher. Les situations loufoques mises en scène par Magali Lemèle, avec le burlesque qu’on lui connaît, sont un prétexte pour se dire: «Mêlons-nous de nos oignons et bien gardés seront les moutons!»

Une fois ce constat effectué, on n’a qu’à savourer cette performance ultra physique de comédie, rendue à merveille et avec aisance par Isabelle Bélisle, Nathaly Charrette, Benoît Osborn et Vincent Poirier. Théâtre d’été oblige, le quatuor se garoche partout et ne lésine pas sur la moutarde pour amplifier les gags et les situations impossibles…

D’ailleurs, les meilleurs moments de la production se pointent lorsque les deux mecs débarquent dans l’appartement avec leurs personnages complètement débiles et font halluciner les deux amies, qui se demandent alors pourquoi elles sont venues au monde… Ces clichés placardés par Carole Tremblay ne servent en fait qu’à transformer un début somme toute assez sobre en une suite ininterrompue de bons fous rires. C’était sans nul doute son objectif et c’est ce que l’équipe de création gatinoise réussit à dépeindre.

Et question de bien asseoir les cabotinages des quatre complices, qui prennent un plaisir évident à voit défiler les désespérés, le décor signé Gilles Provost, André St-Onge et Claude Jutras nous fait sentir chez nous. Grâce à cette toile de fond, notre pire ennemi danserait la claquette devant et on ne serait pas plus déçu! Les portes claquent bien, le mobilier supporte et les accessoires servent merveilleusement. Des détails qui, dans un drame, auraient sans doute passé en dernier…

Mais ici, tout est important, du bol de croustilles aux mimiques des comédiens, qui distraient et nous font oublier nos vacances inondées. Plusieurs d’entre nous se reconnaîtront peut-être dans cette coquette histoire d’une femme qui pense aider son amie et qui s’oublie le nombril, et les plus spéciaux se délecteront de se revoir dix ans plus tôt en cowboy entreprenant ou en menteur impénitent!
À voir jusqu’au 30 août.

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