Une quatrième enquête pour le lieutenant Duval avec «Le Chemin des brumes»
Jacques Côté nous plonge dans une poursuite dans les bois du Lac-St-Jean
Écrire pour Jacques Côté a quelque chose qui s'apparente aux techniques employées par les artistes impressionnistes. Il laisse libre cours à son inspiration, superpose les couches jusqu'à ce que le récit prenne forme. C'est ainsi que son quatrième roman policier, Le Chemin des brumes, a vu le jour.
Dans ce récit, inspiré d'un fait divers, le lieutenant Duval et son partenaire de toujours Louis Harel, se retrouvent avec une disparition alors qu'un grand-père et ses deux petits-fils sont introuvables après avoir quitté Québec pour une fin de semaine de camping. Justement, dans les bois, c'est la crainte d'y passer aussi qui anime le jeune et courageux Vincent. Il est poursuivi par un désaxé qui a déjà liquidé son grand-père et son petit frère. C'est donc une course dans la forêt qui s'entame pour le jeune garçon et les forces policières.
C'est justement parce qu'il mettait en scène deux jeunes garçons et leur grand-père face à un être violent que Jacques Côté a longtemps hésité avant de se mettre à l'écriture de ce récit. «Il y a déjà trois ou quatre ans que j'avais cette idée. Mais étant donné que j'avais des enfants en bas âge, je me sentais trop concerné et je reportais sans cesse l'écriture et je me trouvais toujours d'autres histoires.»
Si ses enfants ont vieilli, l'auteur a également trouvé un moyen de prendre de la distance face à l'histoire en changeant le sexe de ses protagonistes. «Au départ, c'était deux petites filles. Comme j'ai moi-même deux filles, j'ai changé pour deux garçons et à partir de là, tout a été plus facile.»
Le romancier a également choisi de suggérer les scènes où les enfants sont présents. «En tant que lecteur, je préfère que l'on me suggère les scènes violentes ou sanguinolentes que de me les expliquer en détail.»
Alors que les vies personnelles de Duval et Harel occupaient beaucoup de place dans ses précédents récits, Jacques Côté a laissé plus de place à l'intrigue et à l'épopée de Vincent. «Au départ, le récit de Vincent et de sa fuite en forêt devait disparaître. En fait, on devait le retrouver seulement à la fin du roman, pour maintenir le suspense. Mais j'ai réalisé que les premiers lecteurs s'étaient attachés à ce jeune garçon courageux et qu'il était devenu le personnage principal. Donc, je devais continuer à raconter son histoire.»
Le plus grand défi pour l'auteur a donc été de raconter ce jeu de cache-cache entre le jeune garçon et son poursuivant sans que cela devienne redondant. «Mais pour moi, qui adore la nature, ce fut l'occasion de décrire la nature du mieux que je peux, plutôt que la zone urbaine. Puis, de trouver de nouvelles façons pour Vincent d'échapper à son assaillant», souligne M. Côté.
Pour cet amateur de films et séries policières depuis de nombreuses années, son style de roman lui permet de poser un regard sur la société assez engagé. «C'est un type de littérature qui permet d'analyser le monde, la société. Pour ma part, il y a toujours du matériel derrière les intrigues et je me permets de parler de sujets qui me tiennent à cœur. Je ne ferais pas une intrigue pour une intrigue.»
Si bien que le prochain roman sur lequel il planche se déroulera encore dans le milieu policier, mais nous permettra de faire la connaissance d'un tout nouveau personnage, soit Georges Villeneuve, qui a véritablement existé puisqu'il a été médecin à la morgue de Montréal et surintendant à l'hôpital psychiatrique St-Jean-de-Dieu. «Il y aura une portion biographique et romancée dans ce roman. J'ai eu envie de m'inspirer de sa vie particulière pour débuter une nouvelle série policière», souligne Jacques Côté. Quant à la prochaine enquête de Duval, il faudra attendre un peu encore, «mais il y en aura d'autres», nous assure l'auteur.