Gilles Trahan est décédé à l’âge de 81 ans.
Décès de Gilles Trahan: l’Outaouais perd l’un de ses pionniers
La communauté de l'Outaouais a perdu l'un de ses grands pionniers, le 2 juillet, lorsque Gilles Trahan, ex-politicien et membre actif de nombreux organismes tels que le Club Optimiste, la Soupière de l'Amitié, Centraide Outaouais et l'Aide Juridique, est décédé à l'âge de 81 ans, à la suite d'une hémorragie cérébrale.
Gilles Trahan était fort connu dans la région, il y a de nombreuses années, pour avoir été engagé en politique, autant à l'échelle municipale, provinciale ou fédérale. Pendant deux ans, celui-ci a aussi agi à titre de directeur de La Revue de Gatineau au début des années 70.
M. Trahan laisse plusieurs proches dans le deuil, dont son épouse, Gilberte Paquette, et ses cinq enfants, Marguerite Diane, Charles, Michelle, Richard et Line. L'homme était grand-papa huit fois, laissant du même coup dans le deuil ses petits-enfants, François, Joëlle, Nicolas, Patrick, Alexandre, Olivier, Geneviève et Marie-Ève.
Lui qui a été embauché à l’époque par M. Trahan, l’un des infographes à La Revue, Carol Martin, se rappelle de lui comme quelqu’un de très dévoué pour sa communauté. «Il tapait ses textes à la dactylo en toute fin de journée, juste avant l’heure de tombée, et on ne le voyait que très peu», relate-t-il, croyant que sa mort créera un grand vide dans la région, même s’il ne l’a côtoyé qu’environ un an.
Un homme connu et reconnu
Quiconque a déjà mis le nez dehors à Gatineau ou s'est impliqué dans la communauté sociale et politique connaissait Gilles Trahan, de nom ou de visage. Le parcours du Citoyen Méritant 2006 au Gala Méritas de Gatineau est fort impressionnant.
Il a travaillé à Centraide et à l'Aide juridique pendant 20 ans et grâce à son implication, à son sens de l'organisation hors pair, les plus pauvres de la société ont gagné des batailles. La dernière aura été de faire redresser le montant du revenu minimum pour être bénéficiaire de l'aide juridique.
Il a aussi été à l'origine de la création du comité permanent chargé de promouvoir la diversité économique de la ville de Gatineau et du comité des inondés. Ceux qui ont été sauvés de près ou de loin par cette initiative s'en rappellent encore…
L'ancien directeur de La Revue a toujours mis son grain de sel pour que les Hebdos puissent évoluer, et il s'est souvent battu pour que les instruments de travail soient mis à jour. Son expérience, son amour des humains, son sens de l'humour et sa ville d'adoption l'ont savamment forgé. Ce n'est donc pas un hasard si le Club Optimiste de Gatineau, dont il a été le président deux fois, l'a honoré en 2006.
Mais c'est la jeunesse qui poussait constamment Gilles Trahan à s'impliquer. Voici d'ailleurs ce qu'il nous a confié avec son ironie habituelle, lors d'une inoubliable entrevue l'an dernier: «Quand on est jeune, on a du dynamisme et il faut gagner de l'expérience, penser avant d'agir. Mais on vit dans une société tellement axée sur l'argent que trop souvent, quand il n'y a pas de récompense, les jeunes se posent la question: "Qu'est ce que je fais là?!"»
Gilles Trahan, c'est aussi la Soupière de l'amitié, dont il a été président. «Pour faire du bénévolat, il faut aimer ce qu'on fait et ne pas le faire pour les honneurs. Il faut que tu croies en la cause. Comme avec la Soupière...»
Lors de notre rencontre avec M. Trahan, il a résumé ainsi sa philosophie de vie, ce qui, maintenant, constitue un legs à ses concitoyens: «Quand on croit que quelque chose ne fonctionne pas, il faut amener des commencements de solution et ne pas les étayer. Il faut le faire, sinon c'est bon rien! Et il ne faut pas avoir peur de modifier des idées originales...»
Et il les a salués avec une pointe de sarcasme, appuyée par un grand et franc sourire: «Je remercie ceux qui m'ont épaulé... et ceux qui ne l'ont pas fait, je leur souhaite bonne chance!, lançait-il à la blague. Non, je n'ai pas de rancœurs, ça sert à rien, chacun a son opinion.»
Aucune visite à la maison funéraire n'est prévue, mais le service religieux en mémoire de M. Trahan aura lieu ce vendredi 11 juillet à 11h, à l'église Ste-Rose-de-Lima. La famille recevra les condoléances des gens dès 10h.
D. Legros
Commentaire mis en ligne le 10 juillet 2008Bravo! pour votre article.
Il reflète très bien M.Trahan.
De plus je tiens à mentionner que je trouvais absolument inconcevable qu'avec son implication majeure dans la région, il n'y avait rien d'écrit..aucun article..même pas dans la nécro du Droit, depuis son décès.
Heureusement, vous êtes là.
Bonne journée