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Le Père Philippe Mabiala publie un deuxième livre en un an

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 6 juillet 2008 à 15:03
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Le Père Philippe Mabiala publie un deuxième livre en un an
Le prêtre gatinois d'origine congolaise Philippe Mabiala fête ses vingt ans de prêtrise cette année en publiant deux livres, dont le deuxième, Le germe et le terreau, qu'il qualifie d'"autobiographie intellectuelle", a été lancé en fin de semaine.
Alors que le premier, L'éditorial comparait le contenu de deux journaux chrétiens (La Semaine africaine et La vie chrétienne), celui-ci compare la façon d'exercer la vocation de serviteur de Dieu en Afrique et en Occident.

Son expérience et son amour des gens lui ont inspiré beaucoup d'écriture et bien des conclusions… «Où qu'il soit, la vocation du prêtre est la même, nous faisons face aux mêmes défis, à la même détresse humaine, affirme-t-il. Du côté des différences, ici, les gens pratiquent leur foi de façon ponctuelle, le dimanche, et peuvent arriver plus tôt pour parler ou aller à confesse. Ils font d'une pierre deux coups. Mais certains problèmes nécessitent un approfondissement. Dans ce temps-là, ils disent qu'ils vont revenir durant la semaine, mais ils ne reviennent pas. Alors qu'en Afrique, les gens font la file, on se croirait chez le médecin! Le prêtre est obligé de leur dire que c'est le temps de manger…», ironise le Père Mabiala.

«Ici, poursuit-t-il, quand la liturgie dure dix minutes, les gens commencent à regarder leur montre, alors qu'en Afrique, si le sermon ne dure que quinze minutes, les gens disent que le prêtre n'était pas préparé! En Afrique, la catéchèse et les prières sont apprises par cœur, alors qu'ici, il y a beaucoup de laxisme, de complaisance… Ici, les prêtres sont rémunérés, pas en Afrique», énumère celui qui a une formation en communication et un doctorat en théologie.

Philippe Mabiala a surtout écrit ces deux livres pour se rapprocher des fidèles, qu'ils croient essentiels dans sa vie. «De la même façon que le germe n'est rien sans le terreau, le prêtre n'est rien sans les fidèles, le pasteur sans les brebis, a-t-il dit lors de son lancement. Il faut une certaine cohésion. La terre peut bien être fertile, mais si le grain n'est pas de bonne qualité, le résultat sera inexistant; inversement le bon grain ne peut féconder une terre infertile.»

Et, pour être cohérent et "ne pas se passer la corde au cou", il a respecté les trois règles de base d'une communication efficace avec ses deux livres bourrés de témoignages: «Il y a le message, l'émetteur et le récepteur. Le premier livre était le message, alors que dans le deuxième, il y a l'émetteur, le prêtre, et le récepteur: les gens. Alors si par paresse je ne réalise pas le troisième livre, ce sera là avec ce deux en un!», lance-t-il en souriant.

Le Père Mabiala espère que la sortie de son livre suscitera un humble éveil chez ses lecteurs pour qu'un autre de ses objectifs soit rempli: "Amener Jésus-Christ en dehors des murs des églises", la clé pour que la religion chrétienne ne soit pas vendue à des intérêts étrangers comme ses lieux de culte!

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