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On décroche grandeur nature avec les jeux de rôles!

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 13 juillet 2008 à 12:00
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On décroche grandeur nature avec les jeux de rôles!
L'entrée du village…
On décroche grandeur nature avec les jeux de rôles!
Les jeux de rôles consistent à recréer des ambiances médiévales et fantastiques et à incarner un personnage en improvisant la plupart du temps. «C'est une grosse pièce de théâtre improvisée, résume un des membres du c.a. de l'AJJRO, Gaétan Thibault. Chacun joue un personnage et tu ne sais pas où ça va te mener! Les scénarios ont une ligne maîtresse, mais on ne sait jamais comment ça finit.» «C'est la transposition des jeux de rôles sur table, comme Donjons et Dragons, à grandeur nature», ajoute son ami, Maxime Charron-Tousignant.

Les deux passionnés s'entendent pour dire que la base de tout jeu fantastique est Le Seigneur des Anneaux, la trilogie de Tolkien, qui lui, s'est basé sur le folklore pour peindre ces tableaux où les chevaliers combattent les cruels rois avec l'aide des elfes, des nains et des créatures magiques. Tous les "dérivés", que ce soit des jeux tels que Zelda et Diablo ou des films comme Robin des bois, ont contribué à garder vivantes ces légendes et cette imagerie de cape et d'épée.
Une association bien organisée!
Si L'AJJRO a réussi à traverser une décennie et à être reconnue par la Ville de Gatineau, ce n'est pas seulement à cause de l'engouement pour les jeux de rôles, mais aussi parce qu'elle trouve le moyen de se renouveler. Elle organise cinq fois par saison (d'avril à septembre) les plus gros rassemblements de joueurs et joueuses de rôles en Outaouais. La moyenne d'adeptes qui prennent part aux scénarios, inventés par différents participants à chaque week-end, est de 50 à 100. Ce sont pour eux des vacances, une chance de s'évader de leur quotidien. Mais ils doivent respecter des règles! «C'est basé sur le "fairplay"», indique Gaétan.
Pour comprendre ce concept, il faut saisir toutes les subtilités des jeux de rôles. Chaque personne endosse le costume d'un personnage, par exemple un barde ou un prêtre, et a cinq vies. Ces êtres ont des habiletés propres et les joueurs peuvent aussi améliorer leurs capacités grâce à des points de personnalité. Ainsi, disons que Maxime décide de passer sa fin de semaine sous les traits d'un voleur, il devra agir comme un voleur de A à Z. Mais il peut "acheter" des armes ou des habiletés qui lui permettront de passer du bon temps!

De plus, toutes les armes (inoffensives bien entendu) causent des dommages préétablis, qui se calculent en points, et les joueurs doivent suivre ce guide pour être "fairplay". «Il fallait trouver un système pour savoir quand on meurt, alors ce système de "points de vie" s'est imposé de lui-même», note Andréanne Jobin, une autre férue de jeux de rôles. Les fans de la série Final Fantasy connaissent bien ce système. Toutes les activités de l'AJJRO se déroulent sur un terrain de 202 acres à St-André-Avellin. Le site est divisé en dix régions distinctes que peuvent habiter les joueurs, selon le scénario bien sûr. «C'est grand, mais on utilise à peu près 80 acres. On a des structures aménagées sur place, des maisons, des palissades, des auberges, des châteaux…», glisse Gaétan. Maxime souligne que la sécurité des participants est essentielle, au même titre que la propreté des lieux. Au début de chaque fin de semaine, les armes et les costumes sont d'ailleurs examinés.

Enfin, le jeu suit une ligne historique imaginaire et est régi par une structure politique et économique. Les joueurs essaient aussi le plus possible d'avoir l'esprit coopératif; aucun empereur superpuissant n'intervient dans le jeu. Seuls des rois et des princesses se pointent une fois de temps en temps, selon le scénario. Et l'évolution des personnages dépend de son alter ego, pas de son titre: «La notoriété doit être acquise dans le jeu», note Andréanne.
Garder son rôle
Les joueurs doivent "théoriquement" garder leur rôle 24h sur 24, mais un "couvre-feu" a été instauré à 3h du matin pour qu'ils puissent décompresser. Malgré cela, il est parfois ardu pour eux de maintenir une discipline de fer! Surtout quand quelqu'un change sa voix ou que les discussions autour du feu ne laissent pas de place au sérieux… «On essaie de pas décrocher, mais c'est sûr que des fois, ça dérape… Mais ça prend une discipline et une cohésion», lance Gaétan.
«Personne ne nous force à être là, on est là pour avoir du fun. Chaque joueur a des objectifs personnels et amène une autre dimension selon son "background", estime Andréanne. Il faut penser à son concept de personnage: pourquoi il est là, il a grandi dans telle situation, comment il réagirait si on pouvait le faire évoluer un tant soit peu…?»
Pour plus d'infos, rendez-vous au ajjro.org

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