Lac-Simon veut fermer le centre de ressourcement pour toxicomanes et alcooliques
La municipalité de Lac-Simon entame des démarches judiciaires afin que l’Auberge Évasion, devenue un centre de ressourcement pour les toxicomanes et alcooliques depuis janvier dernier, ferme ses portes.
L’organisme Alliance/Cap Espoir opère plusieurs bâtiments du même genre au Québec. Il a établi, dans l’Auberge Évasion, un centre de ressourcement pour les personnes qui font face à des problèmes d’alcoolisme ou de toxicomanie. «Seulement les personnes qui ont subi une thérapie peuvent venir ici, a indiqué la coordonnatrice du centre, Sophie Cusson. De plus, aucune substance qui alterne le cerveau n’est tolérée sauf les médicaments prescrits par les médecins.»
Selon Mme Cusson, l’Auberge Évasion n’est pas un centre de désintoxication, mais bien un centre de ressourcement. «Les 22 personnes qui sont ici le sont pour renouer les liens avec leur famille et pour faire un retour dans la société», a-t-elle affirmé.
Pendant trois mois, les toxicomanes et alcooliques apprennent la méthode des alcooliques anonymes (AA) afin de s’en sortir et d’augmenter leur confiance en soi.
«Je suis une ancienne toxicomane et cette méthode m’a sauvé la vie, a raconté Mme Cusson. C’est d’ailleurs pourquoi, j’aide ces gens, c’est par vocation et parce que je dois donner un an de ma vie à ceux qui m’ont sauvée.»
Le problème pour la municipalité réside dans le fait que l’organisme s’est établi à cet endroit sans avoir obtenu un permis puisque le zonage ne permet pas ce type d’exploitation.
Récemment, les propriétaires ont donc envoyé une demande à la municipalité afin que le zonage soit modifié.
Au même moment, une pétition de 615 noms a été envoyée à la municipalité afin que le centre soit fermé.
«En février et mars dernier, il est survenu plusieurs problèmes à cause d’une mauvaise gérance au sein de l’Alliance/Cap Espoir, je peux donc comprendre pourquoi certains citoyens sont inquiets, a souligné Mme Cusson. Cependant, depuis que je suis revenue, j’ai resserré les règlements de l’établissement. Aussitôt que je vois quelqu’un fumer un joint, je téléphone aux policiers pour qu’il le sorte du centre.»
Mme Cusson croit donc que les gens ont signé la pétition par méconnaissance du fonctionnement et de la mission du centre.
De son côté, le maire de Lac-Simon, Serge Thivierge, affirme que la demande de changement de zonage a été rejetée. «Nous ne croyons pas que Lac-Simon soit la municipalité adéquate pour ouvrir un centre de ressourcement puisque nous n’avons aucun service médical proche et aucun transport», a-t-il indiqué.
Mme Cusson espère que la municipalité changera son fusil d’épaule. Pour ce faire, elle lancera une campagne de séduction en organisant tout d’abord une journée porte ouverte. Elle ne sait pas encore quand elle aura lieu. De plus, elle soutient que ses résidants pourraient effectuer du bénévolat dans la municipalité. Certains en font déjà à la Ferme HLF avec Carl Poirier.
D’autre part, la municipalité a voté une résolution demandant aux ministères de la Sécurité publique, de la Justice et de la Santé et des Services sociaux de fixer des normes pour éviter que ce genre d’établissement s’installe dans de petites municipalités isolées et situées loin des services de base requis par la clientèle visée. Elle demande également qu’une rencontre ait lieu avec le député, ces ministères et des représentants de la municipalité afin de discuter du dossier.
«N’importe qui peut ouvrir un centre pour toxicomanes, a ajouté le maire. On ne retrouve aucune norme qui les concerne.»
Mme Cusson affirme que la municipalité a raison à ce niveau. Elle trouve d’ailleurs cette situation déplaisante. Cependant, elle soutient qu’aucune municipalité n’a empêché un centre de ressourcement d’ouvrir ses portes.
M. Goulet
Commentaire mis en ligne le 13 août 2008Il y a eu beaucoup de vols cette année dans les campings environnant l'auberge évasion. Surtout au Camping Le Pavillon qui est le plus proche de l'auberge, c'est peut-être un adon, mais quand même, c'est assez louche pour que l'on se pose des questions. Je veux bien que les gens s'aident, mais pas au détriment des autres. De plus, quand je lis que certain continue quand même à fumer des joints, ils sont loin de vouloir s'aider soi-même, plusieurs sont dans cet établissement que pour satisfaire leur famille ou la société. Plusieurs peuvent être en boisson ou gelé, et alors on peux faire quelque folie (vols).