La directrice générale du CLSO, Danielle Delisle, avoue être étonnée au quotidien de constater à quel point les jeunes d'aujourd'hui sont bien informés. (Photo: Daniel LeBlanc)
La passion de la science transmise à la jeunesse… depuis un quart de siècle!
Si on vous parle de Beppo la grenouille, de camps de relâche scolaire ou d’ateliers parascolaires, ça vous dit quelque chose? Et si on ajoute l’Expo-sciences Bell, le Défi génie inventif, le Défi apprenti génie et du club des Débrouillards? En fait, il s’agit d’une poignée de projets qui relèvent du Conseil du loisir scientifique de l’Outaouais, qui fêtera en 2009 ses 25 ans d’existence.
Employant quatre personnes à temps complet ainsi que quelques animateurs dont le nombre varie selon les périodes de l’année, l’organisme, qui collabore avec les commissions scolaires de la région, a vu le jour entre autres grâce à Michel Charette, Luc Prud’homme et Pauline Fleury, aujourd’hui présidente du conseil d’administration. «Notre but premier, c’est de donner le goût de la science. Dans n’importe quel corps de métier, il y en a un peu», note la directrice générale du CLSO, Danielle Delisle. Au total, c’est pas moins de 10 000 élèves qui sont directement touchés par l’organisme.
D’année en année, la région de l’Outaouais est loin de passer inaperçue avec les divers projets conçus par les jeunes, surtout avec l’Expo-sciences, cette grande foire scientifique qui attire chaque printemps des milliers de visiteurs. On n’a qu’à penser à Caroline Hébert, David Gagnon, Simon-Pierre Chapelin Corriveau (dont la mère, Valérie Chapelin, a déjà pris part à l’Expo-sciences internationale), Caroline Brassard, Sébastien Chénier, Célyane Couture, Milène Paquin, Maude Briand-Lemay, Pénélope Robinson ou bien d’autres.
Le CLSO collabore aussi avec le Cégep de l’Outaouais dans le cadre d’un programme appelé «Future ingénieure?», qui consiste à jumeler une ingénieure ainsi qu’une étudiante de niveau collégial en génie. «Il faut que les filles comprennent qu’elles ont leur place dans ce domaine», de dire Mme Delisle, qui ne cache pas que la pénurie de main d’œuvre affecte ce secteur, comme bien d’autres. De plus, l’organisme offre à chaque été un camp de jour aux jeunes âgés de 6 à 12 ans, afin qu’ils puissent découvrir l’univers de la science entre grâce à des expériences, des manipulations ou des jeux. Le camp de jour des Débrouillards, qui s’étale sur neuf semaines, présente trois thématiques différentes et a lieu au Centre Mgr Lucien Beaudoin, dans le secteur Hull.
Qui n’a pas déjà entendu dire que ceux qui se passionnent pour tout ce qui est relié à la science ou qui prennent tout simplement part à Expo-sciences sont des surdoués, pour ne pas dire «bolés», pour emprunter l’expression québécoise? Mme Delisle avoue avoir entendu cette phrase-là à maintes occasions, mais qu’il s’agit surtout d’un stéréotype. «On travaille beaucoup là-dessus. De plus en plus, les jeunes sont polyvalents et l’allure physique est de plus en plus trompeuse», dit-elle, faisant référence, par exemple, à ceux qui portent des lunettes. «Cette réalité-là est souvent collée à la science, mais en fait, il y en a dans tous les domaines», ajoute-t-elle.
D’un air fasciné, celle qui occupe le poste de directrice générale du CLSO depuis le début des années 2000 affirme que les jeunes d’aujourd’hui s’intéressent à des sujets de plus en plus liés à l’actualité, particulièrement lors de l’Expo-sciences Bell, chaque année. La santé, l’astronomie, l’environnement et la météorologie ne sont que quelques exemples.
«Les jeunes sont comme de petites éponges. Ils retiennent tout et sont aussi très branchés. Il y a un changement qui s’effectue. L’Internet, ce n’est pas que du mauvais, il faut seulement savoir sélectionner», indique-t-elle. Dans une société qui se dit de plus en plus verte et écologique, Mme Delisle souligne qu’elle a même déjà discuté avec quelques adolescents qui, par souci de respect de l’environnement, ne veulent pas de voiture.
Mais qu’est-ce qui motive Danielle Delisle à se lever chaque matin? «C’est une bonne cause et j’ai une formation en science. C’est intéressant de les voir heureux et en même temps, ça prépare une relève», répond la principale intéressée. Cette dernière admet du même coup que son emploi contribue à ce qu’elle conserve en elle-même un peu de son cœur d’enfant. «Là où je me sens vieille, c’est quand je vois un petit garçon avec un GPS dans les mains. Je trouve ça fascinant», affirme-t-elle en éclatant de rire.
La prochaine année scolaire en sera une tout aussi chargée que les autres pour le CLSO. Dès la rentrée des classes, en septembre, les jeunes seront sensibilisés aux sciences et aux différents projets du CLSO. Et il y a du nouveau cette année: après avoir eu lieu dans diverses écoles secondaires de la région, la finale régionale d’Expo-sciences aura lieu dans le nouveau bâtiment du pavillon Alexandre-Taché de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), du 20 au 22 mars 2009. Quant au Défi génie inventif, il se tiendra à l’école secondaire du Versant, vers la fin du mois d’avril.