Le VIH touche près de 1000 personnes en Outaouais
En Outaouais, 800 personnes vivent avec le VIH. Toutefois, l'équivalent de 30% de ce nombre, c'est-à-dire approximativement 240 personnes, seraient également touchées par le virus, sans toutefois savoir qu'ils en sont porteurs.
«L'acte de se faire dépister devrait être annuel, comme pour les femmes avec le Pap Test. Ça fait partie de la santé globale», estime Stéphanie Lalande, directrice générale du Bureau régional d'action sida (BRAS) en Outaouais.
Les porteurs du virus, et leur famille, qui sont également touchés par la maladie, tourneront vraisemblablement leur regard vers Mexico ces jours-ci, alors que s'y déroule, du 3 au 8 août, la 17e Conférence internationale sur le Sida.
Des grands noms du domaine y seront réunis pour faire le point sur la situation du sida. «Cette année, contrairement à l'an dernier, on va reparler du fameux vaccin qu'on attend depuis 25 ans», se réjouit Mme Lalande. C'est le docteur montréalais Jean-Pierre Routy et son équipe de l'Hôpital Royal Victoria qui a mis au point ce vaccin qui pourrait éventuellement remplacer la trithérapie comme traitement du virus du sida.
«L'an dernier, il n'y avait rien de prometteur. On a vécu des hauts et des bas par rapport à ce vaccin-là», admet la directrice générale, qui indique que cet espoir n'est pas la seule avancée dans ce domaine. «On s'en va de plus en plus vers une médication qui pourrait être plus facile et qui implique un moins grand nombre de pilules par jour.»
Bien qu'aucune guérison n'ait encore eu lieu depuis le premier diagnostic de la maladie chez un être humain il y a un quart de siècle, les personnes qui en sont atteintes ont vu leurs conditions s'améliorer. «Le sida n'est plus l'approche de la mort la plus irrémédiable, explique Mme Lalande. Le sida est l'étape qui représente le système immunitaire le plus faible et le nombre de copies du virus du VIH le plus élevé dans le corps.»
«Il n'y a aucune guérison à ce jour car il n'y a personne qui avait le VIH et qu'il ne l'a plus», poursuit-elle. Par contre, des personnes qui atteignent le stade du sida peuvent voir leurs conditions s'améliorer, et ainsi revenir au stade de porteurs du VIH.
Prévenir… surtout chez les jeunes
«Ce n’est pas juste les utilisateurs de drogues, ce n’est pas juste les homosexuels, c’est tout le monde. Et c’est pour ça que tout le monde doit se protéger et prendre sa santé en main, on en a juste une!», répète Stéphanie Lalande.
Un message qu’elle et son équipe tentent d’ailleurs d’encrer dans la tête des jeunes. «Historiquement, le VIH était connu comme le cancer des homosexuels. Aujourd’hui, on remarque que les nouveaux cas, il y en a de plus en plus chez les personnes "straight", et chez les jeunes».
Les 15-25 ans sont particulièrement touchés. Et le VIH n’est pas le seul virus à se propager parmi eux. Chlamydia, syphilis et gonorrhée sont aussi en pleine forme: «On voit une recrudescence du nombre de cas de ces maladies qu’on croyait reléguées au Moyen-Âge. Et si il y a une recrudescence, il y en aura une du VIH aussi, car ce sont les mêmes modes de transmission.»
Bien que des tournées dans les écoles soient organisées régulièrement, Mme Lalande déplore le fait que le sujet, et ses tabous, ne soient pas suffisamment discutés. «On n’en parle pas assez. On ne dit pas à quel point, en se protégeant, il est possible de ne pas contracter la maladie, et on ne dit pas à quel point les tabous persistent», conclut-elle.
Pour en savoir plus, consultez le
www.vibrez.ca, un site mis en place par le BRAS-Outaouais qui traite uniquement des Infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).