Pour dire adieu aux chutes sur les chantiers, vaut mieux sensibiliser!
Des travailleurs de l’entrepreneur Construction SLBL, chargés de l’édification de la nouvelle caserne de pompiers de Gatineau, ont reçu la visite des responsables de l’Association de la construction du Québec (ACQ), mardi, dans le cadre de la campagne se sensibilisation et d’information ayant pour thème les chutes de hauteur, à l'origine de 25 % des décès se produisant sur les chantiers de construction de la province.
Avec «Adieu aux chutes! La prévention… une alliée pour la vie» comme slogan de campagne, quelques représentants tels le directeur - santé, sécurité et mutuelles de prévention de l’ACQ, Sylvain Parisien, sont venus rencontrer les travailleurs pendant près d’une heure. Ils ont aussi discuté avec les travailleurs de la construction de cinq autres chantiers de l’Outaouais, huitième région québécoise à être visitée dans le cadre de cette tournée.
Leur objectif? Leur parler de l’importance de prévenir les accidents de travail causés par les chutes de hauteur et partager avec eux les moyens privilégiés par l’ACQ pour les supprimer. Au Québec, la loi exige que les travailleurs de la construction soient attachés à partir de 10 pieds (3,04 mètres) de hauteur, ce qui fait que le harnais de sécurité est certainement l’un des équipements les plus primordiaux sur un chantier. Par contre, encore faut-il qu’on s’assure qu’il soit sécuritaire, porté convenablement et qu’il ne soit pas dans un état désuet. La loi provinciale exige aussi que l'ancrage puisse soutenir 4 000 livres de pression.
Il faut savoir qu’un harnais de sécurité, dont le coût unitaire peut atteindre 500$ tout dépendant du modèle et de la qualité, a une durée de vie moyenne de sept ans et c’est généralement la corrosion qui force les gens à s’en procurer un nouveau. Toutefois, le représentant des ventes pour le fabricant Capital Safety, Michel Clément, tient à y apporter un bémol. «Ça dépend aussi du type de harnais et de la qualité des matériaux. Ils ne sont pas tous pareils. Il n’y a pas de durée de vie obligatoire et aucun manufacturier ne met une date d’échéance», affirme-t-il. Toutefois, une nouveauté depuis l’automne dernier, les manufacturiers doivent obligatoirement inclure un indicateur d’impact de série avec leurs modèles de harnais.
M. Clément a rappelé aux employés qu’ils doivent vérifier plusieurs choses, telles le confort, l’ajustement et les coutures, lorsqu’ils enfilent quotidiennement leur harnais de sécurité. «C’est la responsabilité de chaque travailleur que de faire l’inspection visuelle du harnais avant l’utilisation», lance-t-il.
Cette visite de l’ACQ survient au moment où, il y a trois semaines, un jeune employé de la compagnie Acadia Technologies, Guillaume Tremblay, a fait une chute de quatre étages au moment où il s’affairait à des réparations sur un balcon d’un édifice à logements du secteur Hull. «Si vous pensez que ça ne va arriver qu’aux autres, vous ne pensez pas de la bonne manière. S’attacher, c’est important», ajoute M. Clément.
Les 25 conseillers de l’ACQ effectuent en moyenne tout près de 2000 visites de chantier durant une année, et au total, depuis neuf ans, environ 6000 employeurs et travailleurs de la construction ont reçu une formation. Ce regroupement provincial représente 15 000 entreprises qui emploient approximativement 93 000 travailleurs.