Hugo Pellerin était de passage chez lui, cette semaine, pour de courtes vacances bien méritées avant de repartir au Cameroun. (Photo: Patrick Voyer)
Hugo Pellerin change le monde en catalysant des idées au Cameroun
Le Parisien de naissance et Gatinois d'adoption, Hugo Pellerin, partira bientôt compléter une mission humanitaire de deux ans au Cameroun, où il aide une association communautaire à bien structurer ses activités.
Cette association nommée Reseac a comme principal objectif d'épauler les organismes chargés de soutenir les personnes atteintes du VIH sida. Le consultant et coordonnateur de projets de 30 ans est un "catalyseur" dans un pays qui manque parfois de peaufinage.
«Là-bas, j'ai vu différentes similitudes avec ici, il y a l'incompétence et des problèmes de "managing"… en plus de la malpropreté et de la corruption», avoue celui qui a bossé trois ans au gouvernement avant de s'envoler pour l'Afrique en tant que volontaire international.
«Je voulais aider, poursuit-il. Mais là-bas, on ne peut pas faire grand-chose, on ne peut vivre à la place des gens, on peut juste les suivre, les supporter. Comme un enfant qui va à l'école: tu ne peux y aller à sa place. Tu peux juste les soutenir et ce n'est pas évident.» Le climat, le régime gouvernemental, la crainte généralisée des Camerounais les uns envers les autres, le manque d'expérience des jeunes envoyés en périple humanitaire, sont autant de raisons…
Hugo Pellerin souhaiterait que le Canada dépêche davantage de jeunes qui ont vu du terrain, ne serait-ce que quelques années, parce que plusieurs "nombrils verts" se retrouvent dépourvus quand ils se rendent compte que leurs desseins charitables ne se réaliseront probablement pas tel qu'ils le projetaient. Pire, cela peut entraîner des conséquences sur la population censée être soutenue…
Qu'à cela ne tienne, son implication à lui est une réussite jusqu'à présent. Son "renforcement des capacités" auprès de la centaine d'employés a contribué à solidifier les bases de Reseac. «C'est du développement organisationnel: je leur demande s'ils ont une politique de ressources humaines, s'ils ont une mission, une vision quelque part dans leurs documents. Je mesure aussi différents paramètres, tels que la perception des gens sur l'association et j'établis avec eux un plan d'action pour se renforcer. Je suis donc un "facilitateur", un "catalyseur". Je déclenche les choses, mais je ne les fais pas.»
Quand il repartira à la fin de la semaine, Hugo mettra en œuvre ce plan d'action et fera d'autres évaluations pour consolider les capacités individuelles de ses collègues.
Le Cameroun
Le fossé entre les misérables et les mieux nantis est très creux au Cameroun, une république de 16 millions d'habitants où les étendues semi-désertiques et la forêt tropicale sont reines. Les collègues d'Hugo gagnent 40$ par mois, alors que les riches peuvent s'acheter comptant, selon Hugo, des voitures de luxe quand bon leur semble!
«Il n'y a pas de manque d'argent, il faudrait juste mieux le distribuer. Certains riches cachent leur argent sous leur matelas, alors qu'ils pourraient le réinvestir dans la communauté. Mais ils ne font pas confiance à personne…» Hugo a été surpris de cette paranoïa ambiante; les gens, bien que gentils, sont comme chien et chat avec leurs concitoyens. Ce qui est différent avec les "blancs", à qui ils font presque systématiquement confiance.
«Aussi, les gens riches partent du pays et c'est ce qui fait que le pays reste pauvre. Pourtant, c'est un pays riche, plus riche que le Québec en termes de ressources naturelles. Mais le système fait que ces richesses ne sont pas exploitées», tranche Hugo.
Cette aventure au Cameroun plaît beaucoup à Hugo, car il voit maintenant que l'Afrique ne se résume pas à un seul continent. Chaque pays et région possède son propre visage. «Professionnellement, c'est au-delà de mes espérances, c'est un travail enrichissant. Et tout le monde n'est pas corrompu; une grande majorité ne fait que suivre, mais il y en a une poignée qui tiennent à leur pays et dénoncent les corrupteurs. Ces gens méritent qu'on les soutienne. Et ce que j'ai trouvé curieux est que ces gens qui se battent sont très religieux, c'est dans leur foi qu'ils trouvent leur force.»
Vous pouvez suivre les péripéties d'Hugo sur son blogue à hugopellerin.free.fr