Des centaines de personnes manifestent contre le sous-financement de l'éducation des Premières Nations
Profitant de la campagne électorale fédérale, quelques centaines de personnes issues de différentes communautés des Premières Nations du Québec ont manifesté ce matin devant les bureaux des Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC), rue Wellington dans le secteur Hull, afin de dénoncer le sous-financement de leur éducation.
Près de 400 personnes, jeunes et moins jeunes, ont répondu à l'appel du Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN) et ont exprimé leur exaspération face au manque de financement du gouvernement fédéral quant à l'éducation faite dans les réserves.
L'éducation des Premières Nations, gérée par le fédéral, contrairement aux établissements scolaires des réseaux provinciaux, est présentement financée selon une formule établie en 1988 qui n'a subi aucune indexation au coût de la vie depuis 1996. «C'est un problème qui existe depuis la création de la formule de financement en 1988 qui a été faite inadéquatement et qui n'a jamais été révisée depuis 1996. On revendique les mêmes droits en éducation que le reste des Canadiens», a indiqué l'agente de communication du CEPN, Thanissa Lainé.
Selon le CEPN, qui regroupe 22 communautés à travers le Québec, les bibliothèques, la technologie, la formation professionnelle et les sports et loisirs représentent les secteurs dont le besoin de financement est actuellement le plus criant.
«On a zéro financement pour les technologies, zéro pour les sports et loisirs, zéro pour la formation professionnelle, zéro pour les bibliothèques et la liste continue», a dénoncé Mme Lainé qui espère que la manifestation aura des répercussions auprès des hauts fonctionnaires fédéraux.
Le candidat néo-démocrate dans Hull-Aylmer, Pierre Ducasse et le député sortant du Bloc Québécois dans Gatineau, Richard Nadeau, était du nombre des intervenants qui ont pris la parole durant la manifestation qui s'est déroulée sous surveillance policière.
Le candidat du parti de Jack Layton s'est montré indigné du fait qu'aucun représentant libéral et conservateur ne se soit présenté sur place. «C'est incroyable, les organisateurs me disaient que ceux à qui ils ont parlé leur ont dit que c'était trop à la dernière minute. On ne peut pas dire que les libéraux et les conservateurs n'ont pas de ressources et qu'ils n'ont pas personne à déléguer. Ça reflète le bilan en matière de droit des communautés autochtones, a affirmé Pierre Ducasse. Quand les choses ont avancé, elles ont avancé à pas de tortue tant sous les gouvernements conservateurs que libéraux.»
Richard Nadeau a pour sa part tenu à dénoncer l'inertie du fédéral à agir alors que plusieurs études effectuées dans le passé ont démontré les besoins en éducation des Premières Nations. «On connaît les solutions depuis belle lurette et les gouvernements ne mettent pas l'accent pour régler le dossier. Au lieu de ça, ils mettent des diachylons sur des jambes de bois. La plus grande richesse de toute civilisation, c'est la population et il y a encore des écoles avec de la moisissure dans les réserves du Québec», a-t-il dit.