On souligne le 60e anniversaire des droits de l'homme au Cégep
Le département des sciences humaines du Cégep de l'Outaouais organisait sa journée thématique annuelle aujourd'hui sous le thème des droits de l'homme, dans le cadre du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
«Ça permet aux étudiants de se sensibiliser à une cause avec différents conférenciers d'ici ou de l'extérieur. On essaie d'avoir une vision globale sur un thème en particulier, explique la responsable du programme de sciences humaines, Marie Bolduc. L'an passé, l'inter culturalisme était à l'honneur.
Les étudiants ont pu entendre des gens fort intéressants durant cette journée instructive. La directrice Marielle Poirier a cassé la glace dès 8h30, avant que le professeur Roger Blanchette n'expose aux jeunes le contexte historique de la Déclaration des droits de l'homme.
Ensuite, Jean Devlin, ex-gestionnaire à l'Agence canadienne de développement international, a dressé un portrait du conflit isrélo-palestinien, alors que l'activiste Bill Clennett a jasé des droits économiques, sociaux et culturels aux étudiants. Le prof de sociologie Thibault Martin a donné la dernière conférence à 14h, sur les droits des autochtones canadiens et sur les conséquences de la colonisation européenne sur ces peuples.
Un percutant documentaire
La journaliste et documentariste décorée Raymonde Provencher a aussi participé à cette journée en présentant son plus récent court-métrage Le déshonneur des casques bleus, tourné en Afrique en 2006 sur les agissements barbares de la plus importante délégation pacifique de l'ONU, débarquée en 1999 lors de la guerre du Congo.
Le documentaire relate le calvaire enduré par de jeunes enfants et adolescentes congolaises victimes de viol durant le conflit armé. Des centaines d'entre elles ont été privées de leur virginité par des brutes de la milice et de l'ONU censées les protéger. «Les casques bleus sont une idée canadienne, je vous le rappelle, sous Pearson, alors nous sommes tous concernés par ce que font les casques bleus», a indiqué Raymonde Provencher.
«Les droits de l'homme ont été chèrement acquis avec les années et sont toujours menacés. Toutes les luttes menées pour donner plus de dignité aux gens sont à refaire, elles sont continuellement remises sur la table, en discussion. Et ce sera à vous de continuer cette lutte», a-t-elle lancé le plus sérieusement du monde aux étudiants quelques minutes avant que ne décolle la pellicule.
Certains jeunes entendaient encore résonner ses paroles après le court-métrage, dans lequel des témoignages poignants et des images sordides sont tatoués. Ces fillettes violées à 12 ans par des soldats assoiffés de chair innocente, qui sont blessées à jamais psychologiquement et souillées physiquement. Comme l'a souligné la globe-trotter, le viol est une arme de destruction pire que les fusils.