Jean-Michel Anctil, croqué sur le vif avant le début de son émission de radio, cet après-midi. Ce visage angélique a par la suite fait rire bien du monde à la salle Odyssée! (Photo: Michel Moyneur)
Un bien drôle de pseudo-retour pour Jean-Michel Anctil!
Ça faisait cinq ans que Jean-Michel Anctil n’avait pas foulé de scène. Eh bien, c’est comme si c’était hier. Ni son adrénaline, ni son talent d’improvisateur ni sa fougue n’ont vieilli.
Reste à voir si le délire collectif observé ce soir à la salle Odyssée dans le cadre de cette tournée spéciale Rock Détente résultera en un retour… ou si les souvenirs enregistrés à haute vitesse se graveront pour les 850 chanceux qui ont pu l’écouter, le regarder, se pendre à chacun de ses mots comme si c’étaient les derniers.
Accompagné par sa complice radiophonique Marina Orsini, l’humoriste Philippe Laprise, l’ambassadrice de l’Outaouais Luce Dufault et son amie Catherine (qui ont interprété une superbe chanson de Joni Mitchell) et la pétillante farceuse Julie Caron, celui qui a donné plus de 700 représentations de son spectacle «Rumeurs» avant de rendre les armes a encore du chien à revendre.
Ils étaient tous là, ses alter ego: l’Infidèle et ses sempiternels commentaires plates, mais comiques, sur les femmes (bon, ok, c’était le but, on pardonne), Priscilla et ses larmes de crocodile qui font toujours autant secouer la tête de découragement et Râteau… ah, ce fameux Râteau et son allure de sac de feuilles mortes et son casque de bain d’aviateur! Un délice. Autant pour les nerveux que les zens de ce monde, cette ode à la liberté, au défoulement -à l’image des éternels enfants qui gagnent leur vie dans les mascottes- est un sommet de folie qui ne sera jamais égalé.
Il y a ensuite le Jean-Michel Anctil version stand-up qui improvise sur les rigolos rires du public ou qui raconte ses mésaventures d’«homme épais». Saviez-vous qu’il n’a aucune honte (si peu…) à avoir sautillé tout nu dans une salle d’attente après avoir passé une échographie? Qu’il était plutôt pataud en poussant une brouette? Que vous ne devriez sûrement pas lui demander de venir construire un carré de sable pour vos enfants, même si c’est votre fantasme ultime, mesdames?
Autant le dire, c’était plaisant d’être là. Juste ça. Des événements spéciaux de cette trempe en plein lundi soir, on en prendrait des masses. Ils nous permettent de (re)découvrir des talents, tels que Phil Laprise, M. Mardis de l’Humour, Julie Caron, la plus drôle des blagueuses, Luce Dufault et sa voix si unique et Marina Orsini dans ses boucles brunes qui sourit toujours avec autant de franchise… et qui interprète du Céline Dion!
Des initiatives un peu dingues comme celle de l’animateur Alain Larivière, qui est à l’origine de ce show grâce à sa pétition pour faire remonter son collègue momentanément sur les planches, on en mangerait à se rendre malade. C’est dément, original et ça prouve que souvent, à la radio, résident les esprits les plus tordus du monde des médias. Ça en prend et on les accepte volontiers quand ils passent.
Et mine de rien, Jean-Michel Anctil fait partie de cette grande famille maintenant. Il adore son boulot. Y’a qu’à l’écouter pour s’en rendre compte! On est alors en droit de se poser LA question qui tue: aime-t-il ça suffisamment pour se contenter de cette tournée éclair? Les plus terre-à-terre diront que oui tandis que les rêveurs souhaiteront que ce party se multiplie et se métamorphose en vraie de vraie tour du Québec. La décision repose entre les mains du principal intéressé.
Peu importe ce qui arrivera dans cette petite saga, Jean-Michel Anctil s’est fait du fun ce soir et a donné de l’oxygène à ses fans pour les cinq prochaines années.