Linda Racine sourit de toutes ses dents car elle est fière de son premier album! Dix ans d’efforts, ça se fête! (Photo:www.lindaracine.com)
La ténacité de Linda Racine condensée dans un disque!
L’interprète met le paquet et se gâte d’aplomb
Linda Racine s’est aiguisé les cordes vocales pendant près de dix ans dans les clubs de jazz et les bars après avoir remporté le prix de la meilleure interprétation du Festival de Petite-Vallée. La mezzo-soprano a usé de grande patience avant de réaliser Le cœur du monde, qui contient la somme des influences qui l’ont fait grandir.
«J’ai expérimenté en masse! J’ai vécu ma naissance musicale à Québec et depuis trois ans, je suis à Montréal», raconte la chanteuse au regard bleu. Ce changement a facilité sa percée et elle n’a dorénavant plus besoin de chanter au téléphone pour convaincre son impresario! Linda Racine fait travailler son instinct et a une parfaite confiance en elle et dans les ardents créateurs qui ont pavé son chemin.
Cet album s’articule autour de chansons ouvertes, à l’image de leur interprète, qui aime bien garder son esprit à l’affût. Elle désirait pouvoir adapter les pièces en spectacle, question de ne pas «copier» les versions originales. En fille de scène expérimentée, en «chanteuse de pied de micro» qu’elle est, Linda Racine préfère revisiter ses univers à chaque sortie plutôt que les caricaturer! «Je n’ai pas de direction, j’ai trop d’inspirations, je ne me cantonne pas dans un style!»
La tournée qui s’amorcera en février démontrera cette ouverture. Si plusieurs instruments qui rendent le disque métissé, comme la sitar et le violon, risquent de ne pas être du voyage, Linda Racine ne s’en fait pas outre mesure; sa gorge se changera de les remplacer! Et elle lance cela avec sérieux, en artiste difficile qu’elle est. «J’ai des standards très élevés, je suis très exigeante. Les gens qui écrivent pour moi savent ce que j’aime.» Linda Racine est si minutieuse qu’elle n’ose même pas écrire!
Si elle s’est payée tous les grands classiques du jazz et du R&B américain lors de son ascension, Linda Racine privilégie maintenant la langue de Poquelin. Cela lui permet de s’émanciper. «Je suis plus près de la chanson française, mes trucs sont très poétiques, les textes sont mis à l’avant, les mélodies sont très lyriques et les arrangements très variés. Ce n’est pas du rock abrasif et il y a une petite couleur jazz», explique celle qui s’est déjà produit avec Renée Claude et Andrée Lachapelle.
Sans amertume
Même si une décennie aura été nécessaire à Linda Racine pour graver son premier opus, elle n’est pas blasée. Les joyaux glanés à gauche et à droite auront formé un joli collier au bout du compte. «Après des années à chanter dans les restos, les bars, tu sais ce que tu veux et ce que tu veux pas. Je n’ai pas d’amertume. Quand j’ai commencé à 20 ans, je savais que ce serait long comme cheminement! Malgré le découragement, je n’ai pas lâché. J’en ai passé des étapes et là, j’ai ma carte de visite!», confie la chanteuse.
Cette maturité, qu’elle qualifie candidement de «conservatisme», est un gage de réussite. C’est elle qui a établi l’ordre des 13 chansons, un nombre pas du tout malchanceux avec lequel elle a pu dresser un alignement efficace. «C’est moi qui a décidé et personne n’a pu me contredire!» Linda Racine commence fort, enchaîne avec les sempiternelles (mais originales) chansons d’amour et repart en force pour terminer les plages.
L’interprète a longtemps hésité avant d’inclure ou de supprimer une quatorzième chanson. Il s’agissait d’un texte très personnel relatant son déménagement. Lorsqu’elle l’a comparé avec les autres, le choix a été facile! Linda Racine est une femme qui ne court pas après les romans à l’eau de rose, alors elle l’a tout simplement écartée. Signe qu’elle a la sagesse nécessaire pour percer le mur du son…