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Parce que ça peut arriver à tout le monde

La 4e nuit des sans-abri de Gatineau attire des gens de tous horizons

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Article mis en ligne le 21 octobre 2006 à 10:32
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Parce que ça peut arriver à tout le monde
Carmen et Roseline, toutes deux désireuses d’aider ceux et celles qui vivent avec un problème d’itinérance, ont profité de la chaleur des flammes pour se réchauffer. (Photo:Dominique Poirier)
Parce que ça peut arriver à tout le monde
La 4e nuit des sans-abri de Gatineau attire des gens de tous horizons
Pour la quatrième année de son histoire, la nuit des sans-abri de Gatineau espérait attirer 400 personnes. L’objectif n’a pas été totalement atteint, mais la nuit aura tout de même permis de briser quelques préjugés.
«L’itinérance est à la fois l’histoire d’une personne, mais aussi celle de toute une collectivité», a-t-on pu entendre lors de l’allocution d’ouverture de la nuit des sans-abri. À l’échelle provinciale, 19 villes ont participé à la célébration, qui se déroulait cette année sous le thème de la solidarité.

Des gens qui vivent actuellement une situation d’itinérance ou qui en ont vécu une par le passé, des intervenants de divers organismes ainsi que monsieur et madame tout-le-monde, sensible à la cause, s’étaient donné rendez-vous au parc Ste-Bernadette.

«Je veux donner du temps, de l’écoute, de dire Roseline, rencontrée aux abords d’un feu de camp. Je ne peux pas aider avec de l’argent, mais je sais qu’un sourire, une petite attention, ça peut faire chaud au cœur.» Bénévole à la Soupe populaire, Roseline participait à sa deuxième nuit des sans-abri.

À ses côtés se trouvait Carmen, grandement touchée par le problème d’itinérance: «J’ai des amis qui sont sans-abri et je connais des jeunes de 14-15 ans qui sont dans la rue. Je veux leur donner de l’espoir, de l’amour et ouvrir les yeux au gouvernement pour qu’un jour, ces jeunes aient un toit.»

Le maire Marc Bureau était également au rendez-vous, comme à chaque année depuis l’inauguration de l’activité. M. Bureau conserve des souvenirs marquants d’une nuit passée en tant que sans-abri, à l’époque où, en tant que conseiller, il se battait pour que le Gîte-Ami demeure ouvert. La deuxième nuit, il l’a passée à l’intérieur du Gîte. «J’ai compris que l’itinérance peut arriver à vous, à moi, à n’importe qui», dira-t-il.

Yves Séguin, organisateur communautaire au Centre de santé et des services sociaux de Gatineau, insiste d’ailleurs sur ce point: «l’itinérance, ce n’est pas un choix, ça pourrait arriver à n’importe qui.» L’itinérance ne touche pas seulement les sans-emplois. Des questions d’ordre structurelles, telles que les logements abordables qui se font rares dans la région, jouent par exemple grandement sur la capacité des salariés à revenu modique à se trouver un toit.



Vendredi soir, malgré le froid glacial qui régnait, les chocolats chauds, les bols de soupe aux légumes et les feux de camp ont réussi à conserver la chaleur solidaire propagée par la foule. Des spectacles de musique, des lectures de récit et des murs de graffitis ont réchauffé les gens présents. Une corde à linge, sur laquelle pendaient des messages d’encouragement et d’espoir, invitait les gens à faire «sécher leurs préjugés».

En début soirée, des chandelles ont été allumées à la mémoire des sans-abri décédés sans bruit :«Chaque année, des sans-abri sont morts de façon anonyme. Ils sont partis sans que personne ne s’en aperçoive. Aujourd’hui, on va les nommer.»

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