Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Info07
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Maigreur et désespoir font place à une vie meilleure

Le documentaire La peau et les os, après arrive sur nos écrans de cinéma

Daniel LeBlanc par Daniel LeBlanc
Voir tous les articles de Daniel LeBlanc
Article mis en ligne le 1 novembre 2006 à 18:29
Soyez le premier à commenter cet article
Maigreur et désespoir font place à une vie meilleure
La réalisatrice de «La peau, les os, après… », Hélène Bélanger-Martin (Photo:Daniel LeBlanc)
Maigreur et désespoir font place à une vie meilleure
Le documentaire La peau et les os, après arrive sur nos écrans de cinéma
Être la source du déclic et du bonheur pour une seule personne qui souffre d’anorexie ou de boulimie, voilà l’unique souhait que ferait la réalisatrice et actrice Hélène Bélanger-Martin si elle n’en avait qu’un à faire par rapport au succès de son film La peau et les os, après. Projeté dès le vendredi 3 novembre dans les salles de cinéma partout au Québec, le film risque d’en faire réfléchir plus d’un sur ce trouble alimentaire dont souffrent plus d’un million de personnes au pays.
Le documentaire, qui a été tourné à l’automne 2005, nous montre Hélène Bélanger-Martin, qui a souffert d’anorexie pendant une bonne partie son adolescence, en train de recueillir les témoignages de trois autres femmes qui ont vécu l’enfer de cette maladie. Pleurs, émotions à fleur de peau, nostalgie et bonheur sont donc à l’honneur pour Annie Vincent, Isabelle Bédard, Marlène Duchesne et Mme Bélanger-Martin qui passent un « week-end de filles » dans un petit chalet de l’Estrie.
Un message d’espoir envers les victimes
La cinéaste est convaincue, lorsqu’on lui demande pourquoi elle a eu envie de réaliser un autre film alors que La peau, les os, de Johanne Prégent, sorti en 1987 et dans lequel elle avait tenu le rôle d’une fille anorexique, traitait déjà du sujet, qu’elle avait investi de son histoire personnelle mais qu’il était maintenant temps d’aller chercher d’autres confidences. « C’est une maladie longue et noire, et on a tendance à ne plus croire à la guérison, mais j’avais envie de dire que le rétablissement existe bel et bien », confie Mme Bélanger-Martin.
Selon la jeune femme de 35 ans, il n’y a pas de médaille ou de prix à gagner là-dedans, il ne suffit que de se sentir mieux pour croire en l’espoir lorsqu’on souffre d’un tel trouble d’alimentation.

Un soir, il y a de cela quelques années, sa fille, âgée de sept ans à l’époque, regardait un film à la télévision et a vu par pur hasard le film dans lequel sa mère figurait en tant que victime de l’anorexie. Après avoir expliqué et confirmé à son enfant que c’était bel et bien elle, la réalisatrice avoue que cela a été un choc d’entendre de la bouche de sa propre fille : « T’es vraiment pas belle là-dedans, Maman ». Ce jour-là, elle a compris que le mur de silence qu’elle s’était imposée tout le long de sa vie face à ce sujet, avec ses parents, par exemple, ne devait pas être une chose à répéter avec ses propres enfants.
Tabou, et pas à peu près
Mme Bélanger-Martin n’est pas sérieusement troublée lorsqu’on lui demande pourquoi selon elle des sujets comme l’anorexie ou la boulimie sont si tabous dans une société comme la nôtre. Au contraire, elle avoue comprendre pourquoi c’est ainsi. « À mon avis, bien des gens peuvent accepter l’idée que quelqu’un soit anorexique, suicidaire ou dépressif mais ce n’est pas de voir les choses comme elles sont qui est un problème, c’est plutôt le geste d’aller creuser en dessous des ces symptômes-là », lance-t-elle.
Les humains n’aiment pas la détresse, selon elle, et c’est pour cette raison qu’ils préfèrent ne pas aller plus loin lorsqu’ils s’aperçoivent qu’un de leurs proches ne va pas bien.
Modèles de maigreur, oui, mais…
L’ayant vécu elle-même, la réalisatrice croit fermement que malgré les pressions sociales avec lesquelles nous vivons, qui prônent le corps parfait et une maigreur certaine, dans les magazines, par exemple, beaucoup d’autres facteurs entrent en ligne de compte lorsqu’on parle de troubles alimentaires majeurs comme l’anorexie. La génétique et les prédispositions personnelles sont aussi des facteurs qui jouent beaucoup dans la balance, sans vouloir faire un jeu de mots déplaisant. « L’anorexie, ce n’est pas une recette facile », s’exclame-t-elle.
Hélène Bélanger-Martin est cependant d’avis que l’écœurement commence à se faire sentir chez beaucoup de personnes et que la diversité corporelle risque de l’emporter sur les corps de mannequins à travers non seulement l’Amérique du Nord, mais le monde entier. À Madrid, entre autres, il est dorénavant interdit aux mannequins de défiler si elles ne pèsent pas un poids relatif à leur taille, afin d’éviter un trop grand culte de la maigreur. «Je suis tellement tannée des moules », lance la cinéaste lorsqu’on aborde le sujet des corps parfaits.
Un documentaire touchant du début à la fin
« Les gens m’ont dit que le film touchait toutes les formes de détresses psychologiques et que cela s’adressait donc à énormément de monde », dit-t-elle quand on lui demande si les gens qui ont pu visionner le film en primeur ont semblé apprécié ce qu’ils ont vu. Beaucoup de gens lui ont dit un simple merci, à leur sortie de la salle de projection.
Le passage de la réalisatrice à la populaire émission Tout le monde en parle, diffusée à Radio-Canada, a beaucoup contribué à la promotion de son film. « Ils ont été très gentils avec moi et c’est très agréable de savoir que ça a pu m’aidé comme cela », affirme-t-elle, le sourire aux lèvres.
Trouver l’équilibre avec ses enfants
Souhaiter que cette dure expérience de vie personnelle ne soit pas retransmise à ses enfants, voilà une des grandes aspirations de cette femme lorsqu’on lui parle de ses deux protégés. La confiance l’emporte, toutefois. « Mes fragilités, ils en ont peut-être hérité de quelques-unes, oui, mais grâce aux forces que je risque de leur transmettre, ils trouveront un équilibre intéressant », avoue-t-elle. Le sujet de l’anorexie et de la boulimie n’est nullement tabou chez elle depuis que tout le monde est au courant de son passé. La réalisatrice rappelle aux parents qui doutent de l’état de leurs enfants qu’il n’est jamais mauvais d’aller consulter un spécialiste, quitte à le faire pour rien.
Hélène Bélanger-Martin confie intimement que le tournage du documentaire s’est avéré beaucoup plus émotif que prévu initialement, puisqu’une grande place a été accordée aux souvenirs qu’avaient toutes les femmes qui ont accepté de partager leur vécu au grand écran.

Le film, qui sort sur nos écrans ce vendredi 3 novembre, aura aussi un volet social intéressant puisque la même journée, les étudiants de toute la province, à la présentation de leur carte étudiante, bénéficieront d’un visionnement gratuit dans certains cinémas. Dans la région, c’est au Star Cité du secteur Hull que les jeunes pourront profiter de cette offre spéciale.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Affichage des photos

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


La question du net

  • Le gouvernement fédéral doit-il enregistrer un déficit pour soutenir l'économie?
  • Oui
  • Non

Liens