La famille Guindon distribue du lait depuis plusieurs décennies déjà. Trois générations de Guindon ont livré du lait aux gens de la Basse-Lièvre et continueront de le faire.
Une relance difficile à avaler pour certains distributeurs de lait
L'un des plus anciens distributeurs de lait Château a décidé de sortir de sa retraite pour demander aux gens de la Basse-Lièvre de continuer à encourager les distributeurs de la région.
Georges Guindon a vendu du lait toute sa vie. Maintenant à la retraite, ce sont ses fils, Carol, Michel et Luc, de même que ses petits-fils, Nicholas et Daniel, qui ont pris la relève.
« La famille Guindon vend 62% de la production de lait de la laiterie Château, soutient ce résidant du secteur Buckingham. Nous avons toujours servi la population, nous avons toujours été présents sur le territoire. Nous espérons maintenant que la population continuera de nous encourager. »
Selon l'homme qui a livré du lait pendant 52 ans, depuis l'annonce de la fermeture de la laiterie, personne ne s'est soucié du sort des distributeurs.
« Les gens ont parlé des employés qui se retrouveront au chômage, mais personne n'a parlé des distributeurs, dit-il. Que va-t-il arriver aux distributeurs, qui va les aider? Si la compagnie Québon n'avait pas respecté nos contrats, qu'est-ce qui nous seraient arrivés? »
M.Guindon, qui parle au nom de sa famille, mais qui soutient que les autres distributeurs de la laiterie sont du même avis, espère que la relance fonctionnera. « Mais soyons réalistes, des laiteries, il y en a eu deux qui ont ouvert leur porte et qui ont fermé parce que ça ne fonctionnait pas, poursuit-il. Pourquoi vouloir recommencer une autre fois ? La relance devra être solide et avoir de bons vendeurs parce qu'une laiterie peut avoir de gros camions pour livrer son lait, mais si elle n'a pas de vendeurs pour faire des ententes avec les grosses chaînes, ce n'est pas en vendant seulement dans les dépanneurs et aux maisons que les ventes seront suffisantes. »
M.Guindon rappelle que la laiterie Château, qui est une entreprise locale, n'avait qu'environ 30% des parts du marché dans la région. Selon lui, plusieurs importantes institutions scolaires de la région servent du lait Québon aux étudiants de même que plusieurs entreprises. « Même l'hôtel de ville de Gatineau prend du lait de Québon, soutient-il. Comment se fait-il, malgré le fait que tous ces gens en boivent, que tout à coup le lait Québon soit mauvais ? »
En ne parlant que de la relance, M.Guindon a peur que les gens de la région se tournent vers une autre marque de lait et n'encouragent plus les distributeurs locaux.
« Nous avons été vendus à Québon comme une vieille paire de bottine, poursuit-il. Heureusement, la compagnie Québon a été bonne et a honoré les contrats des distributeurs. La relance, c'est bien beau, mais nos aussi nous sommes des travailleurs locaux et nous souhaitons que les gens continuent de nous encourager. »