André Martel cherche des réponses à des questions parfois existentielles par son art visuel. (Photo: Marie Pier Lécuyer)
Réflexion sur la quête de l’impossible perfection
L’être humain est très complexe, étant souvent à la recherche d’un état de sagesse inatteignable. Par des œuvres empreintes de fragilité et invitant à la méditation, André Martel et Patricia Pigeon tentent de faire réfléchir les gens sur des questions auxquelles eux-mêmes n’ont pas encore répondues. Les deux artistes gatinois présentent le fruit de leur travail au lieu de diffusion BRAVO-Est, à Ottawa, jusqu’au 21 février.
L’œuvre Rituels de Patricia Pigeon tente d’expliquer un rituel provenant de la province de Maharashtra, en Inde. Partout dans le monde, les humains effectuent de nombreux rituels, souvent pour essayer d’atteindre un état de bien-être. «Souvent, l’art nous ressemble, explique-t-elle. J’essaie peut-être d’atteindre cette perfection que l’on ne peut atteindre ici bas.»
Fait de papier moulé, de sel et de gravures dans le bois, le résultat de son travail représente le bain de purification, une coutume prénuptiale qui existe encore en Inde. Le sentier qu’elle illustre est court comme la vie peut l’être, selon l’artiste. On y voit quelques traces de pas, dans lesquels sont gravés des défauts, comme le mépris, la colère et la vanité. À la fin du court chemin, une paire de sandales, représentant la pureté, et affichant donc le contraire du reste de l’œuvre, tel que la patience ou l’empathie.
Ce n’est pas un pur hasard si Patricia Pigeon s’est attardée à ce rituel. Alors qu’elle faisait son baccalauréat à l’Université du Québec en Outaouais, l’artiste avait créé ce type de sandale en papier moulé. «On m’a demandé de revisiter le thème, confie-t-elle. C’est aussi quelque chose qui m’intéresse beaucoup. Je crois que c’est une influence de longue date.»
Au mur, on retrouve cinq feuilles sur lesquels sont représentées les mimes de luttes, un rituel provenant de la Grèce antique et selon lequel ce type de lutte amicale entre personnes de sexes différents permet d’éveiller l’énergie universelle.
Donner un sens aux choses par l’art visuel
Pour André Martel, l’art est un outil de recherches qui lui permet d’approfondir sa quête de réponses à des questions existentielles. Du sable, quelques roches et quelques morceaux de bois se présentent devant les yeux de celui qui regarde Sable. «Ce n’est rien en particulier, affirme celui qui aime méditer par l’art. C’est une expérimentation très abstraite.»
Durant l’exposition qui dure près de six semaines, son œuvre sera en perpétuelle évolution, alors que certains éléments s’ajouteront et d’autres disparaîtront peu à peu. À chaque étape, il prendra une photographie pour voir le chemin qu’aura effectué son œuvre.
Par l’art visuel, André Martel cherche des réponses. Présentement, il fait beaucoup de recherche sur la conscience humaine et c’est avec ses créations qu’il tente de démêler tout cela. «Je fais de l’art pour comprendre pourquoi je le fais, de dire celui qui utilise souvent les ressources naturelles pour créer. Cela peut paraître compliqué à comprendre, mais c’est ma façon de faire de la recherche et d’étudier certaines choses.»
Les œuvres de Patricia Pigeon et André Martel seront présentées au Lieu de diffusion BRAVO-Est, situé au 81, rue Beechwood, dans le secteur Vanier, à Ottawa, jusqu’au 21 février. La galerie est ouverte de 11h à 16h, du mardi au samedi.