Les différentes religions pratiquées par les immigrants commencent à peser lourdement dans la patience des Québécois…
Hérouxville: une autre croisade pour le Québec
Quand la niaiserie des accommodements raisonnables est une religion…
Si le Québec est en chicane avec lui-même depuis plusieurs années, c'est qu'il est en croisade. Pourquoi? Les différentes religions pratiquées par les immigrants commencent à peser lourdement dans la patience des Québécois…
Laissez-moi tranquille avec vos blasphèmes! Pourquoi Hérouxville proscrit-il le port du voile et prône-t-il l'égalité des sexes? On épure, on fout la religion dehors pour que le chialage et que les revendications cessent. Radical, certes. Mais pas plus que les Nazis débiles, les sanguinaires Congolais ou certaines religions qui agissent comme un aspirateur pour l'âme ou ces sectes qui vous vident le portefeuille pour le bien-être des couilles. Ben oui, ben oui, faut pas en parler, y'ont le droit. Ben oui, c'est ça, ce qui est obscur, on l'éponge.
Parlons-en au contraire. Ce qui fâche les Québécois n'a rien à voir avec le racisme qu'on décrit tant ces jours-ci. On aime (terme biaisé et généralisé) les immigrants, on leur offre un foyer, une terre d'accueil chaleureuse, on les aide à se trouver une job. Dans bien des cas, ce sont eux qui nous ouvrent les yeux et qui nous sortent du trouble, nous qui adorons se conforter dans nos chaumières. Les parfumés du ministère de la Santé ne pourront se la mettre dans le sable… De ce côté, ça va, on sera toujours aussi gentils envers les étrangers. S'il y a une place dans le monde où l'expression «Plus on est de fous plus on rit» est encrée, c'est bien ici, bonguiène.
Là où ça coince, là où on s'arrache le poil des jambes à sauvages poignées, c'est quand la religion de ces immigrants arrive dans le portrait comme un autobus à quatre étages. On est accueillant au Québec, mais quand on nous impose une salade de chou crémeuse quand on raffole de la traditionnelle, attention à vos doigts! C'est exactement pour cela que la haine suscitée par le dossier des accommodements raisonnables est si vive et que ce policier s'est servi de sa fibre artistique -poussée à l'extrême… et pas très loin d'ailleurs- pour concocter cette chanson karaoké sur les immigrants qui arrivent avec leurs bottes beurrées de purin dans nos églises.
Ouais, «nos» églises, enfin celles qui sont encore ouvertes. Ça doit les choquer de nous voir errer sans Grand Dieu pour nous éclairer la route du bonheur à la lanterne… Pour ces gens, qui désirent leur lieu de culte et leurs heures de recueillement au beau milieu d'une réunion, la religion est essentielle. Pour nous, non. Ça égratigne, c'est sûr. Peut-être se disent-ils que nous courons à notre perte avec notre agnosticisme, que nous sommes des chiens sans laisse. En tout cas, le Québec n'est sans doute pas l'endroit où les bondieuseries sont dans le tapis, mais aux dernières nouvelles, la pire chose qui était en manchette était ce petit village de 1300 habitants qui faisait jaser les journalistes. Pas de bombes, d'enfants démembrés, de dictature, de communisme, de servitude, de faim collective.
Bien sûr que vous saisissez. Pas besoin d'une Maîtrise en «Gros Bon Sens ©» pour comprendre que la province ne peut absorber toutes ces différentes religions en même temps. Tout va trop vite, on instaure plein de trucs en même temps, on permet à n'importe qui d'ériger son temple là où ça lui plaît, blablabla. Déjà que le Québec a de la misère à rendre hommage à tous ses artistes, quand il faut accepter de force que des étrangers nous imposent leur religion… ouf! Pas étonnant que la croisade s'intensifie…
Il est là le gros bobo purulent qui s'infecte. Le Québec n'arrive pas encore à se brancher. Doit-on laïciser ou ne pas laïciser? Doit-on devenir l'endroit sur Terre qui possède le plus de religions différentes, quitte à gagner un prix Guinness? Un coup parti, autant allier la frustration à l'agréable! Faut bien tirer des leçons de tout ça avant de virer fou pour de bon… Car au rythme où va l'aéroglisseur (dans le sens que l'on frôle la surface des problèmes…), la cascade est imminente.
Alors le peuple québécois, en compagnie de ses élus, doit asséner un grand coup de poing sur la table: il prend son trou et demeure renfrogné face aux autres religions qui s'installent et qu'il ne comprend pas, ou il arrête de jouer aux conquis francophones et met ses culottes. Si le gouvernement avait agi dès le départ dans la polémique des kirpans, en soutenant que nos enfants n'ont pas le droit d'amener des coupe-ongles à l'école, on n'aurait même pas inventé ce terme stupide d'accommodement raisonnable.
Pareil pour le voile! Est-ce si incroyable d'imposer cela aux femmes? Aurait-on le droit de faire nos feux de la St-Jean dans d'autres pays? Probablement pas, on en ferait notre deuil, même si c'est dans nos coutumes depuis des lunes. La religion est une avalanche de coutumes, d'habitudes, et j'irais même jusqu'à dire de caprices, alors… de l'eau dans le vin, ça se verse plus? Pour qu'une société fonctionne, tous ses acteurs, indépendamment de leur religion ou de leur coupe de cheveux, doivent faire leur bonhomme de chemin. Sinon, ça stagne comme présentement, ça gueule pour un problème qui aurait dû être réglé y'a longtemps et ça hurle au racisme quand il n'y en a pas. N'oubliez pas: ce qui chicote, c'est l'allégeance spirituelle des immigrants, pas leur riche et intéressante culture.
Alors, y se passe quoi à Hérouxville? On peut voir cela comme un recul, un trip de vieux gâteux qui veut uniformiser à sa convenance, mais on peut aussi le considérer avec un grain de sel. Au pire, comme un exemple. Et ne vous fourvoyez pas, ça n'a rien à voir avec l'histoire d'Huntington et son couvre-feu. Là, on touche aux fondements de l'humain, sa manière d'être, de se vêtir. Voilà pourquoi ça chiale. Mais un coup que la poussière retombera de sa belle mort et que les perroquets et les corbeaux se seront volatilisés, on se balancera bien de leur train-train.
Olà, ne crions pas au scandale, ce n'est pas une plaie d'Égypte, c'est un coup d'épée dans le vent. Et les plus sarcastiques diront que c'est le début d'une suite de bouleversements sociaux…? C'est en poser des tonnes sur les épaules des Hérouxvillois, vous pensez pas? Ils n'ont pas besoin de toute cette attention, de cette publicité, fichons-leur la paix. Ils ne construiront pas des attraits touristiques laïques demain matin, ils ont d'autres félins à fouetter. Calmons-nous, ils peuvent vivre comme ils l'entendent. Le Québec n'est-il pas raisonnable après tout?