Stephan McNicoll est prêt à tout pour aller jusqu'au bout de ses rêves. (Photo: Marie Pier Lécuyer)
Stephan McNicoll veut percer le difficile marché musical québécois
Alors qu'il pourrait tout laisser tomber et passer à autres choses, Stephan McNicoll refuse de baisser les bras devant un défi. C'est que l'artiste, qui sera en spectacle au Théâtre des 4 sœurs le 17 février prochain, a plus de facilité à conquérir la France que sa région natale, l'Outaouais.
Le chanteur de rock anglais récolte pourtant un immense succès à chacun des spectacles qu'il effectue dans les diverses régions du Québec. «Je ne me suis jamais cassé la gueule dans un spectacle. J'ai jamais eu un show où les gens se sont complètement désintéressés de ce que je faisais. Je vais les chercher un à un», raconte le blond chanteur.
D'ici quelques mois, il flirtera probablement avec la scène européenne, après avoir déjà conquis le public et les stations de radios canadiennes-anglaises. Le problème qui se présente à travers le Québec, c'est l'absence de ses chansons sur les ondes radiophoniques. «La France jubile sur mon cas et le Québec dort au gaz, déplore-t-il. Je n'ai pas le support des radios.» Pourtant, l'un de ses vidéoclips fait partie des Top 10 de Musimax et Musique Plus.
Récemment, il donnait un spectacle au Vieux Clocher de Sherbrooke où personne ne le connaît vraiment. Pourtant, la salle était comble et il a eu droit à une ovation debout. «J'en étais ébranlé tellement je ne m'y attendais pas», avoue le chanteur Hullois jusque dans le fond de son cœur.
Malgré tout, Stephan McNicoll n'abandonne pas la bataille et continue de tenter de conquérir ceux qui sont encore réticents à sa musique. «Je suis prêt à tout et ce n'est pas grave si ça prend du temps. Je crois que j'ai droit à ma chance puisque ça fait quinze ans que je fais cela. Même si je voulais arrêter, je ne serais pas capable, je rêve de la musique.»
Quant à savoir si ce refus de faire tourner ses chansons à la radio a un lien avec le fait qu'il s'agisse d'un album en anglais, il ne croit pas que la question ne concerne que cela.
Nostalgie du rock d'autrefois?
Sans être nostalgique et vouloir être pareil comme ses idoles, les Led Zeppelin, Pink Floyd, Rolling Stones et compagnie, il croit fermement qu'il faut changer la couleur du rock d'aujourd'hui. «Je ne veux pas ramener le classic rock , mais plutôt son sens, insiste le chanteur. Dans ce temps-là, c'était pur et vrai ce qui était fait. Il y avait une authenticité et des mélodies accrocheuses.»
Il est d'ailleurs déçu de voir la musique qui se fait de nos jours. Les succès dont on se rappelle pendant des dizaines d'années, ça n'existerait pratiquement plus selon Stephan McNicoll. «Le dernier que j'ai en tête, c'est We are the world», se rappelle-t-il.
Ayant été inspiré dès sa tendre enfance par les succès rock des années 70, il en transparaît d'ailleurs quelques traces dans la majorité de ses chansons. Contrairement à plusieurs artistes qui n'aiment pas se faire comparer à d'autres, Stephen McNicoll s'en trouve plus souvent qu'autrement flatté. «Je n'aime pas me faire dire que je suis pareil comme quelqu'un, mais cela ne me dérange pas de me faire dire que je ressemble à un autre», lance-t-il candidement.
L'authenticité d'abord et avant tout
Ce que vous allez voir sur la scène, c'est ce qu'est réellement le chanteur dans la vie de tous les jours. Jamais il ne s'enflera la tête avec un succès, aussi grandiose soit-il. «Je ne crois pas à l'étiquette de vedette et de rockstar. Je fais de la musique parce que j'aime cela», avoue-t-il.
Déjà en discutant avec le chanteur aux yeux bleus, on voit tout de suite qu'il dégage une grande énergie, qu'il croit transposer aisément sur scène. «Je ne suis pas une bête, mais un monstre de scène. Je l'avale, tellement j'ai de l'énergie», lance-t-il en riant.
Il ne prétend pas non plus pouvoir sauver le monde avec ses chansons, voulant seulement donner une parcelle de bonheur aux gens qui l'écouteront ou qui iront le voir en spectacle. Que ce soit en parlant d'amour, d'amitié ou de trahison, le chanteur y met toujours la même émotion et la même intensité. Il est aussi très touché par le phénomène du chaos social, tant en ce qui concerne l'environnement que d'autres sphères. «C'est instinctif quand j'écris mes chansons. Je suis d'abord et avant tout un mélodiste», de dire l'auteur-compositeur-interprète.
Le chanteur, qui se fait souvent comparer à Mick Jagger dans son patelin à St-Sauveur, est en préparation d'un second album, qui devrait être disponible entre l'automne 2007 et le printemps 2008. Il se nommera Where generations meet et abordera le thème bien d'actualité, l'écart intergénérationnel.
En attendant, il continue une tournée en sol québécois jusqu'au 8 mars, où il sera à Montréal. Et quand à savoir s'il fera un album en français, cela ne risque pas d'arriver. «Je ne me sens pas à l'aise avec cela», conclut Stephan McNicoll.
Le chanteur sera en spectacle le 17 février prochain, au Théâtre des 4 sœurs, à St-André-Avellin. Les billets sont vendus au coût de 20$.