Réveillez le meilleur de vous-mêmes avec Guy Corneau
Ses réflexions sont internationalement reconnues, car elles sont simples et rassembleuses. Guy Corneau n'a rien d'un prophète ou d'un demi-dieu, il est humain et ses écrits, surtout son dernier bouquin Le meilleur de soi, remplissent un besoin: celui de revenir sur Terre pour goûter le miel nature.
«Je voulais encourager les gens à aller vers leur élan créateur», lance doucement Guy Corneau. Les gens pressés, désabusés, mal dans leur peau, heureux mais routiniers, au nirvana mais douteux, l'auteur les rejoint tous. Car chacun a en lui cette fibre passionnée qu'il néglige souvent en s'en faisant accroire! Et le psychanalyste ne parle pas de talents extraordinaires, juste de petits bonheurs, d'éclairs de génie, qui changent une vie. «Y'a des choses gratuites qu'on n'utilise pas. On oublie d'imaginer, de contempler, de méditer, de faire des balades dans la nature, de respirer à fond...»
Ce que conseille parfois Guy Corneau lors de ses conférences est de faire cet exercice fort amusant: quand vous êtes couchés, fermez les yeux et pensez à tous les trucs inutiles autour de vous, objets ou personnes, et n'arrêtez que lorsque vous éclaterez de rire! «Cette partie de vous dont je parle est toujours là, chaque fois qu'on se détend, sans attendre de résultats», assure-t-il. Il n'y a pas de honte à relaxer, à se débarrasser de cette coquille trop lourde que l'on traîne dans la vase par besoin ou non, cette pression nébuleuse qui nous fait avancer comme des bossus.
Guy Corneau soutient que cet éveil transforme une existence en un claquement de doigt. Il aide à se responsabiliser, à prendre en compte qui nous sommes vraiment et à cesser de toujours rejeter la faute sur le voisin. «J'ai vu qu'ils avaient fait une expérience l'autre jour dans un zoo à Philadelphie. Il y avait un singe dans un cage à qui on donnait une banane. Quand il venait pour la manger, on le chicanait. Un jour, on l'a laissé seul et il a évidemment mangé la banane. On est ensuite entré dans la cage et le singe a tout de suite pointé à côté de lui pour dire que ce n'était pas lui», raconte-t-il.
La «victimisation», Guy Corneau ne veut pas en entendre parler! Surtout pas de ceux qui accusent leurs parents de les avoir élevés dans la misère ou la violence, cette même violence qu'ils entretiennent à leur tour. «Tout ce qui vous arrive au fond reflète votre intérieur, probablement mis de côté, That's it.» Le psychanalyste estime qu'il vaut mieux éviter de rabrouer les autres, qui deviennent alors un écran à ce respect que l'on doit se vouer. S'ouvrir à des choses réelles et délicieuses est une clé à ne pas échapper dans les craques de la bouche d'égout...
«Prenons le temps de faire, de forger le plaisir. Il y a cent façons de pelleter de la neige: on est dehors, relax, beau gros soleil, on est heureux, ou on le fait à la presse avant d'aller travailler...» Oser, se donner une chance, développer ce qui est latent, s'émerveiller, comme cette dame qui s'est demandé comment cela était possible de marier tant de couleurs en peinture... alors qu'il semble y en avoir si peu dans notre quotidien!
«La vie est simple, mais on se la complique. On est tous poignés là-dedans et personne veut se désabonner, car on pense à ce que les autres vont dire, on est dépendants du regard des autres!», allègue Guy Corneau. Qui le contredira avec le sourire en prenant le taureau par les cornes et en le faisant s'étouffer?