Le maire Larry O'Brien ne se fait pas d'amis dans la colonie artistique d'Ottawa!
Théâtre Action en maudit contre la ville d'Ottawa
L'«argent» investi dans les arts se fait plus rare qu'au Québec!
Quand on se compare, on se console. Cette maxime n'a jamais été plus vraie que dans le domaine des arts.
Théâtre Action a réagi aujourd'hui suite au déjeuner annuel organisé hier midi par le Conseil des arts d'Ottawa. Le maire d'Ottawa, Larry O'Brien, a déclaré aux médias qu'il n'appuiera pas la stratégie d'investissement dans les arts de la Ville.
Bon, ce n'est pas la première fois qu'un politicien dit non à une demande ou un programme. Cependant, quand on examine pourquoi l'ire s'est déclenchée après la courte apparition au micro de M. O'Brien, on plisse des yeux. Mais merde, ça ne se peut pas!
Voici mot pour mot le contenu d'une partie du communiqué émis par Théâtre Action et son président, Richard Léger: «La ville d'Ottawa se retrouve au dernier rang, en ce qui concerne les fonds municipaux pour les arts par citoyen en 2003, au dernier rang pour ce qui est des fonds provinciaux et au dernier rang pour ce qui est des fonds pour les arts réunis par citoyen. Nous recevons 12,27$ par citoyen, comparativement à 48,20$ par citoyen, à Montréal. Cette situation est inacceptable.»
Si vous calculez rapidement, vous n'hallucinez pas: Ottawa, la brillante et scintillante Capitale nationale sans papiers qui traînent dans les rues, injecte quatre fois moins d'argent que Montréal pour que ses créateurs puissent s'émanciper. Ce n'est pas pour rien que le vieil adage «Ottawa est une belle ville plate» survit et que, de l'autre côté, Montréal est reconnue mondialement. La métropole québécoise se classe même dans les cinq villes les plus aimées et visitées de la planète. Et ce n'est sûrement à cause de ses nids de poule ou ses Shawarma (quoique...). Même Gatineau, malgré ses guerres intestines au niveau de la culture, remporte des prix et fait respirer plusieurs salles de spectacle!
Quand on a les arts, on a la culture et quand on a la culture, on a du monde et du génie, on a des touristes, on a de l'évolution dans les idées, on ne plafonne pas comme la ville d'Ottawa. C'est vraiment de valeur, car les artistes franco-ontariens que nous encourageons sont des gens de cœur et de talent qui se battent comme des diables dans l'eau bouillante. Bien dommage. La preuve: ils ne s'emballent pas dans leur communiqué, ils demeurent polis, tout d'un coup que le maire O'Brien le prendrait personnel...
Bien sûr, ça se passe de l'autre côté, alors pourquoi s'en mêler? Car la grande famille des arts est solidaire et fait fi de la compétition dans des dossiers comme ça. Ne soyons donc pas chauvins, les gens de la colonie artistique régionale se balancent bien des frontières: le Québec et l'Ontario s'entraident, jouent dans les théâtres de l'autre, tissent des liens en béton et oeuvrent à faire perdurer cette culture si prisée par les amateurs. Ils continuent même s'ils étouffent, même si les dirigeants, pour une raison de goût on ne sait trop, ne les appuient pas toujours. Ce refus du maire O'Brien de concéder quelques millions de plus à cette culture est une claque en pleine face!
Théâtre Action se retrouve donc avec une boîte à idées qui déborde, mais avec un cadenas dont la combinaison a été égarée. Pas perdue, égarée. Car cette décision n'est pas nécessairement une erreur de la part de la Ville, c'est un manque flagrant de vision (tel que mentionné dans le communiqué), un retour en arrière, du conservatisme à outrance. Le plus drôle, sans se répéter, est que ça se passe dans la Capitale nationale du Canada, le «plusse meilleur pays du monde». Mon œil!
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Le plus bizarre dans tout ça, c'est que lors d'une audience publique tenue récemment, trente-six intervenants du domaine culturel, en plus de neuf conseillers municipaux qui siégeaient au comité, ont appuyé à l'unanimité cette stratégie d'investissement dans les arts de 2,5 millions $ sur quatre ans. Vous conviendrez que ce montant n'est pas exagéré, surtout si on le compare aux dépenses faramineuses de l'État dans des projets qui donnent que dalle!
Rendu à ce stade, quand tout a été dit et prouvé sur tel ou tel sujet, que la volonté des parties a été clairement absoute de malice, on doit se questionner sur les motivations des leaders qui balaient tout ça de la main.
Est-ce une question de préférences personnelles ou de politique? N'entrons pas là-dedans, y'a des gens plus susceptibles que d'autres. Fournissons leur donc une bombonne d'oxygène en pensant à eux. Une suggestion comme ça. Pas obligé de la présenter au conseil de la Ville...