Une petite touche de maquillage, bien assis, ça ne peut pas faire de tort à personne, demandez à Patrice Bélanger!(Photo: Daniel LeBlanc)
Une vraie boule d'énergie prénommée Patrice
Une journée avec Patrice Bélanger sur le plateau de 450, chemin du Golf
Comment j'imaginais ma journée, mis à part le froid extrême, passée avec Patrice Bélanger à Montréal? Amusante, enrichissante et remplie de belles découvertes, certes, mais l'idée de me faire accueillir par le jeune comédien originaire de Gatineau au moment où il s'affairait à discuter avec nul autre que Patrick Huard au téléphone cellulaire, elle, ne m'était pas venue à l'esprit deux secondes. Un lundi palpitant passé en compagnie de quelqu'un à la fois hilarant et authentique.
C'est aux studios de Télé-Québec que nous nous sommes donné rendez-vous pour l'enregistrement du 101e épisode de 450, chemin du Golf. Après m'avoir montré sa loge, les salles de maquillage et de coiffure ainsi que le plateau de télévision, il ne restait plus qu'une chose. 3-2-1, que l'action commence!
Un aspect particulier de mes conversations avec le jeune homme de 28 ans aura été d'apprendre que cette comédie de situation, dans laquelle il interprète le rôle du désopilant Christophe, est pré-tournée dans des studios de la SRC, enregistrée aux studios de T-Q et diffusée sur les ondes de TQS. Voilà une chose très étonnante dans notre ère de concurrence médiatique. L'émission attire en moyenne 750 000 fans à chaque mercredi soir.
Au cours de l'après-midi, puisque le tournage se déroule dès l'heure du dîner, ce n'est pas sans avoir des fous rires passagers que j'ai pu assister aux répétitions et côtoyer les François Massicotte, Jean-Michel Anctil et Claude Legault de ce monde. À la fois dynamique et professionnel, Patrice Bélanger s'est affairé tout le long de cette partie de la journée à venir s'informer si tout allait bien pour moi et pour s'éclater avec quelques blagues.
Dans les décors de l'émission, tous plus originaux les uns que les autres (il n'y en avait cinq ce jour-là), j'ai pu découvrir avec quelle rapidité peut se faire un changement de costumes et combien de fois une scène peut être reprise avant qu'un «OK» ne retentisse pour déclarer le tout convenable. Croyez-moi sur parole, il peut s'en passer du temps avant que les humoristes réussissent à garder leur sérieux.
Lui qui avoue être un amateur inconditionnel du hockey et de la télévision québécoise, le comédien s'est dirigé, après avoir dû répondre à quelques interrogations de La Revue, vers la séance de maquillage, où on a tôt fait de lui appliquer un fond de teint. Quelques minutes plus tard, place aux retouches de sa chevelure. À la blague, j'ai même exprimé une certaine jalousie par rapport au fait d'être si bien traité par des femmes.
Après avoir profité d'une bonne heure et quart de repos au moment du souper, c'est par la suite que le moment le plus attendu est arrivé: l'enregistrement devant public. Un moment magique et survoltant où toute la troupe de comédiens et de techniciens s'activent devant une foule d'environ 80 personnes. Y avait-il de l'interaction? Certainement. C'est au populaire animateur de foule Archie qu'est confié ce travail. Lui qui s'occupe aussi des concurrents au jeu télévisé Le Banquier, laissez-moi vous dire qu'il est doué.
Ce n'est que vers 22 heures que l'intense soirée de tournage se termine et que les applaudissements fusent de partout. Autographes et remerciements de la part des vedettes de la télévision comme Patrice, qui s'est fait beaucoup approcher par le public, font aussi partie de la fin de journée.
Les collègues de Patrice à 450, chemin du Golf voient en lui quelqu'un de très sympathique, à son affaire et énergique. Parfois même trop. «Parfois, on est obligé de le calmer», rigole Claude Legault. Même François Massicotte se demande s'il ingurgitait du Ritalin dans le passé.
En plus d'incarner le rôle d'un homosexuel dans le téléroman Les poupées russes depuis trois ans, un travail qu'il a beaucoup apprécié, le comédien originaire de l'Outaouais a causé toute une surprise en interprétant avec brio le rôle de Tatoo Killer dans le film Bon Cop Bad Cop. Concédant qu'il aurait eu la peur de sa vie s'il avait su à l'avance que ce long-métrage serait devenu le film francophone le plus lucratif au pays, il remercie infiniment Eric Canuel pour lui avoir confié cette tâche. «Je suis l'antithèse du physique d'un tueur», lance-t-il en ricanant.
Mais le rôle lui ressemblait-il sur certains points? «En ce qui a trait au côté calé en informatique, pas du tout, mais son aspect à la fois baveux et sympa, ce côté-là, je l'ai en moi un peu», dit-il.
Citoyen de Longueuil depuis déjà quelques années, celui qui a aussi participé à l'émission Demandes spéciales, se dit fier de son patelin natal, le reste de ses proches demeurant encore ici.
Bien heureux de dire que l'aspect de son boulot qu'il préfère est la journée de tournage dans son ensemble, le jeune marié soutient qu'il aime cependant moins les fins de journées, où, même s'il sait qu'il s'en va retrouver le confort de la banlieue, il doit chaque fois faire son deuil.
«Ce n'est jamais le même dépendant du médium et des circonstances, mais je l'ai toujours», rétorque Patrice Bélanger lorsqu'on lui demande s'il a encore le trac parfois. Selon lui, le jour où cette notion disparaîtra de son langage, il sera temps pour lui de se retirer du métier.
Jamais le comédien ne remerciera assez le ciel pour lui avoir donné de si beaux contrats et rôles depuis les deux dernières années. «C'est tellement inspirant et nourrissant de jouer avec des gens comme Jean-Michel Anctil, Claude Legault ou François Massicotte, je me sens comme une jeune recrue du hockey qui évolue dans la même équipe que Sydney Crosby et Daniel Brière», ajoute-il à ce sujet.
«On a un seul milieu télévisuel, et au lieu de s'aider, on se pile souvent dessus», affirme Patrice Bélanger quand on aborde le sujet des cotes d'écoute, une réalité à laquelle il est confronté. Selon ses dires, la qualité devrait toujours avoir le dessus sur la quantité.
Au fait, la vie de Montréalais, est-ce pénible? Afin de répondre à cette question, Patrice Bélanger a dû subir un questionnaire à la sauce Tout le monde en parle: Gatineau «ou bedon» Montréal? La conclusion: 4 à 4. Le comédien a un faible pour les restaurants, le centre-ville et les discothèques de la métropole mais il préfère de loin le rythme de vie, le trafic, les médias et... les femmes de Gatineau! La preuve? Son épouse Marie-Claude est originaire d'ici...
Lui qui dit vivre une sorte de vertige actuellement, car il ne sait exactement ce qu'il l'attend dans les mois à venir, il participera à quelques auditions pour des rôles, jouera dans la nouvelle émission Câsse-croute chez Albert et sera encore cette année chroniqueur au show estival de TVA, Sucré Salé.
Patrice Bélanger sera de retour dans la région le 15 mai alors qu'aura lieu le 5e Gala d'excellence L'Étudiant Outaouais, une initiative de La Revue pour les élèves du secondaire de l'Outaouais. Quelques détails restent également à confirmer quant à sa participation en tant que porte-parole des Merveilles de Sable, du 5 au 9 juillet.
La sixième saison de 450, chemin du Golf débutera l'automne prochain, mais en attendant, le journaliste de La Revue a deux heures de route à faire pour revenir à Gatineau...