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À défaut de prédire l’avenir, on peut l’inventer

Rencontre avec Yannick Monget, auteur de Demain, la Terre

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Article mis en ligne le 1 mars 2007 à 16:42
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Demain, la Terre illustre bien les menaces qui planent notre planète.">À défaut de prédire l’avenir, on peut l’inventer
Yannick Monget a choisi l’angle artistique pour éduquer les gens sur des enjeux scientifiques. Son livre Demain, la Terre illustre bien les menaces qui planent notre planète.
À défaut de prédire l’avenir, on peut l’inventer
Rencontre avec Yannick Monget, auteur de Demain, la Terre
La planète est-elle sur une pente descendante? Si on en croit les images du livre Demain, la Terre, que Yannick Monget présente au Salon du livre de l’Outaouais, les phénomènes naturels risquent d’envahir ce qu’on croit éternel.
«Certains phénomènes sont plus probables que d’autres, parce qu’ils existent déjà, comme par exemple les changements climatiques, explique l’auteur. Ce sont des phénomènes qui sont en cours, pour lesquels on ne peut absolument rien faire.»

À preuve, la première image du livre devait être celle de la Nouvelles-Orléans, détruit pas une tempête. Mais avant que le livre ne soit prêt à être imprimé, Katrina changea le cours de l’histoire.

Des images du mont St-Michel recouvert de glace, ou celle du stade olympique de Montréal couvert de sable, donnent froid dans le dos. Pourtant, celui qui est à la fois scientifique et artiste se défend bien de vouloir être alarmiste:

«Ce que j’ai essayé de faire, c’est de rester objectif, ne pas insister sur le côté catastrophique, explique-t-il. La peur peut être un moyen de faire avancer les choses, mais ce n’est pas ce que j’ai voulu faire. Mon but premier, c’est vraiment d’informer.»

L’art est le moyen que l’auteur français, invité au SLO par l’ambassade de France, a trouvé pour faire passer le message. Il a d’ailleurs publié deux romans par le passé, intitulés Rencontre et Gaïa: « Il faut faire l’effort de se mettre dans la peau de M. Tout-le-monde qui n’a pas forcément une formation scientifique.»

C’est grâce à sa formation en paléontologie que Yannick Monget s’est intéressé à l’environnement. Il a étudié les différentes phases de l’évolution de planète, et s’est particulièrement attardé à l’ère qui a été témoin de la disparition des dinosaures. Depuis, il s’efforce de protéger l’environnement en Europe et ailleurs. C’est avec ce but en tête qu’il a fondé l’organisme Ankaa Group.

«Il doit y avoir une prise de conscience collective. Ça ne sert à rien de se renvoyer la balle, ce doit être un désir collectif, mentionne-t-il. On vit dans une période transitoire de l’histoire de l’humanité et c’est doublement intéressant, car on a d’énormes défis devant nous. On a les outils pour faire en sorte que ce film, dans lequel on vit, ne se transforme pas en drame.»

L’auteur en a long à dire sur la société et les changements qui s’imposent: «Il faut se battre non pas pour essayer de changer les choses, mais bien pour changer les choses. Et vu les enjeux, on n’a pas droit à l’erreur. L’homme fait partie d’un ensemble. Ce n’est pas vrai que c’est nous qui dominons. C’est l’espèce qui est en haut de la chaîne alimentaire et on a une responsabilité face aux autres espèces.»

Celui qui met les pieds pour la première fois au Canada, garde espoir que les choses peuvent changer: «Ce qui me rassure, c’est qu’il y a une prise de conscience qui commence à se faire partout dans le monde. L’environnement devient un enjeu des campagnes électorales et c’est porteur d’espoir.»

Il reste que les sociétés démocratiques ont une chance, selon Yannick Monget. Celle d’avoir un billet de vote toutes les semaines entre les mains. Car ce sont les consommateurs qui dirigent et lorsque ceux-ci feront des choix judicieux, notamment lors de leurs emplettes hebdomadaires à l’épicerie, les entreprises n’auront vraisemblablement pas le choix de suivre la cadence.

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