Jouliks, c’est une petite fille qui interprète le monde des «grands» de ses yeux d’enfants, parfois maladroitement, mais toujours de manière véridique.
Jouliks, un touchant portrait de la vie vu par un enfant
Que ce soit l’amour, la mort, l’incommunicabilité ou les aspirations d’une mère pour sa fille, il est toujours plus facile de faire comprendre la vérité par la bouche d’un enfant….
C’est en vulgarisant des sujets parfois tabous et difficile à aborder que Marie-Christine Lê-Huu réussi à toucher les «bobos» qui tracassent bien des gens, grâce à la pièce de théâtre Jouliks.
La comédienne, mais aussi auteure de la présente pièce de théâtre, incarne une petite fille de sept ans. Sous les traits d’une jeune fille fragile qui raconte l’histoire d’amour mais aussi le drame de sa famille, Marie-Christine Lê-Huu n’a plus 38 ans. C’est littéralement la vie expliquée de manière touchante, mais surtout troublante.
D’ailleurs, la Petite le dit elle-même, «la vie, c’est comme ça…». À travers les yeux et les paroles d’un enfant, on découvre la passion amoureuse de ses parents, Véra et Zak, mais aussi la difficile relation entre Vera et sa mère, déçue du peu d’aspirations de sa fille, mais surtout remplie d’idées préconçues.
Jouliks ne réinvente pas l’amour, ni la mort, mais l’originalité de la narration rend l’histoire attachante et surtout saisissante. C’est que la Petite porte un regard sur la tragédie qui se déroule devant elle… un regard vrai, un regard déroutant.
Avec la naïveté d’un enfant, elle explique des choses qu’on arrive parfois à dire difficilement. Elle interprète aussi les moments de silences entre chacun des protagonistes. Son interprétation fait parfois sourire, parfois réfléchir, mais surtout ouvre les yeux sur la vraie vie et ses obstacles.
Quant aux acteurs, chacun rend bien son rôle à sa façon. Anick Lemay, alias Véra, est très convaincante dans ses nombreux déchirements. Quant à Catherine Bégin, elle rend une interprétation très réaliste de la grand-mère qui ne peut accepter la relation de sa fille et son mode de vie. Aubert Pallascio, Vincent Leclerc et Patrick Goyette ont aussi offert des performances intéressantes, malgré que très discrets dans l’histoire.
La mise en scène du talentueux Robert Bellefeuille et les mots justes de l’auteure s’allient à merveille à l’interprétation des comédiens et à un décor simple qui ne prend pas trop de place. Somme toute, Marie-Christine Lê-Huu réussi sans problème à nous décrire la société comme elle peut parfois l’être…
Jouliks sera encore une fois de passage demain soir, le 3 mars, à la Salle Odyssée.