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L'échec du matériel selon Daniel Bélanger

Dernier opus d'un carré d'as pour l'artiste

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 30 mars 2007 à 9:53
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L'échec du matériel selon Daniel Bélanger
Daniel Bélanger jette un regard tantôt acide tantôt stoïque sur la société de consommation sur L'échec du matériel. (Photo: John Londono)
L'échec du matériel selon Daniel Bélanger
Dernier opus d'un carré d'as pour l'artiste
Depuis que ses compositions et ses poésies urbaines sont gravées dans l'imaginaire collectif, Daniel Bélanger repousse les limites et ses propres frontières en s'acclimatant aux techniques musicales et aux thématiques qui handicapent ou enjolivent la société.
Cet Échec du matériel tombe donc à point avec les débats sur la dépersonnalisation de l'individu et les enjeux environnementaux. Quatorze morceaux aux multiples instruments, auxquels le Gatinois Carl Bastien a apposé sa griffe, qui permettent à son auteur de continuer sa quête. Après deux ans à vivre avec Rêver mieux derrière la calotte, Daniel Bélanger change de chapeau. Voici ce qu'a donné la transition des intuitions…

1.La fin de l'homme: «La fin de l'homme n'est pas la fin du monde», chante Daniel Bélanger sur cet accrocheur premier titre. Pour lui, c'est une dédramatisation du concept que l'homme opportuniste veut sauver en se propulsant hypocritement, tête baissée, dans les bacs à recyclage et la défense de la stratosphère…

2.Manière de parler: «Quelqu'un de très talentueux peut être un trou-de-cul… s'il a du talent, pas de problème!», ironise l'auteur-compositeur-interprète. Il prend exemple sur un joueur de batterie très habile durant un spectacle, mais qui est déplaisant dès qu'il ouvre son clapet… «Faut plus que du talent pour être créatif…»

3.Télévision: Jugée parfois comme une monstruosité post-moderne, la télé a ici servi à réaliser un exercice de style. Daniel Bélanger s'est imaginé «live» devant la petite lucarne, alors que d'habitude, le spectateur qu'il est demeure passif…

4.Drôle de personne: Une musique acoustique transposée sur guitare électrique qui a endossé une identité mystique au fur et à mesure que la transformation en studio avançait. Et le sujet est aussi tordu! «C'est comme si quelqu'un était confronté à parler de lui-même… et qu'il voulait faire taire les gens qui parlent de lui…»

5.Fermeture définitive: Une réflexion joyeuse sur l'habitude de certaines personne d'expliquer certains comportements en les mettant sur le dos d'une «crise», d'un truc collectif passé date ou non. Et dire que ce n'est pas constamment conjoncturel…

6.Amusements: Première de deux pièces instrumentales. «La dernière de l'album. Elle est arrivée naturellement car je la voulais depuis longtemps. C'est une photo d'un samedi soir, sur ce qu'on fait sur la Terre pour s'amuser. C'est un intermède…» Imaginons-nous dans le cosmos avec un téléscope-microscope et observons les passe-temps des gens: voilà l'idée de cet courte pièce où balles de ping-pong et claquettes s'entrecroisent…

7.Tout à coup: «J'avais envie d'écrire une chanson au piano. C'est quelqu'un qui se pose vraiment la question: Est-ce que je fais ce que je veux faire, est-ce que je suis où je veux être?»

8.Plus: «Celle-là, c'est le manège, une roue sans fin. Plus tu m'enlèves ce que je veux, plus je le veux…»

9.Demain, peut-être: Deuxième plage instrumentale avec laquelle Daniel Bélanger se rapproche d'un de ses péchés mignons musicaux: les trames sonores.

10.La Collision: Il a trouvé cette histoire en écoutant la télé, justement: celle d'un homme qui n'arrivait jamais à être bien, que ce soit à Montréal, Paris, New-York, Los Angeles, toutes des villes où il a habité. «Il est finalement retourné à Montréal et il s'est attendu pour rentrer en collision avec lui-même», résume l'artiste, qui croit que même si un quidam déménage constamment, ce n'est pas obligatoirement un mauvais présage. «Cela peut vouloir dire qu'il y a des gens qui peuvent être heureux partout…»

11.L'échec du matériel: La vraie genèse de l'album découle de cette idée «perverse» de l'artiste de mettre un personnage dans l'embarras ambiant et de le voir se démener. «C'est un sujet qui me touche pour plusieurs raisons et je voulais mettre en confrontation des personnes avec cet état de fait», avoue-t-il.

12.Relié: «C'est un projet, celui de chanter plus bas et de jouer de la guitare sans pic. Il y a une douceur, une chaleur, j'ai découvert certaines formes de modulations, c'est assez technique», indique Daniel Bélanger. Cette chouette mélodie est sans contredis une romantique toune de fin de semaine tranquille!

13.Je suis mort: «C'est le contraire du titre de l'album c'est le triomphe du matériel!», s'exclame-t-il. Son but était de se projeter dans le temps et d'imaginer un de ses proches qui l'entendrait tourner à la radio après son décès… Il a toujours trouvé spécial le fait que des artistes puissent survivre grâce au grand écran, aux disques…

14.Sports et loisirs: Une petite taloche pour terminer, un titre aussi accrocheur que le début du disque. «Ça veut dire que tout ça ne regarde que moi, ce sont mes affaires à moi», lance-t-il. Daniel Bélanger a utilisé des verbes tels que «pécher» et «voler», qui sont employés en sport, et a réussi à terminer un album avec une composition «up-tempo», au texte profond et amusant. Chose qui ne lui est arrivée que très rarement…

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