Jason Roy Léveillée et Mélissa Desormeaux-Poulin tiennent les rôles principaux dans À vos marques… party! (Photo: Patrick Voyer)
Un nouveau genre de film québécois est né!
«À vos marques… party!» en salles ce week-end
Le film pour adolescents qui divertit et qui fait réfléchir, qui fait sentir les adultes nostalgiques et qui dépeint la réalité sociale et scolaire des ados, n’existait pas avant que À vos marques… party! arrive en trombe sur les écrans.
Il s’agit d’un premier scénario pour la productrice Caroline Héroux, qu’on attendait au tournant avec la brique et le fanal anticlichés! «Je n’ai pas essayé d’éviter les stéréotypes!, admet-elle rapidement. J’aime les films d’ados, alors j’ai laissé parler mon cœur durant deux heures!»
Difficile en effet de réinventer l’adolescence; ce que Caroline Héroux a fait pourtant, est de contourner les trucs trop faciles et a trouvé des formules rarement utilisées pour donner des maux de tête à ses personnages. Par exemple, au lieu de justifier le sale caractère de Gaby (Mélissa Desormeaux-Poulin) par un abus sexuel, on apprendra que son père (Guy Jodoin) lui a déversé de l’eau chaude sur la cuisse quand elle était enfant! De plus, Gaby a un confident (Alex Despatie) et non une confidente larmoyante et c’est sa mère qui a déserté le nid…
Gaby est une enfant du divorce, une «rejet» avec un énorme potentiel académique et sportif. Confinée dans cette bulle à cause de sa peur d’être jugée (sa cuisse est restée cicatrisée), elle en arrache avec les «bitchs» de l’école et les sportifs qui la trouvent spéciale. Un jour, la directrice de sa polyvalente (Sylvie Moreau) lui offre la chance de sortir de son mutisme en aidant une nouvelle étudiante (Mariloup Wolfe) à s’intégrer et le champion de natation de l’école (Jason Roy Léveillée), un vieux flirt, à réussir ses maths. La lumière l’éclairera-t-elle?
«C’est gentil, pas moraliste, pas prétentieux, on est vraiment fier du film qu’on a», confie Caroline, qui a été vachement surprise de la réaction du public lors de la première montréalaise à la chic Place des Arts. «Souvent, les gens sont guindés…», ironise-t-elle. Pas cette fois: la salle riait, s’amusait, revivait leurs années de poly, embarquait volontiers dans la «machine à clichés», car après tout, chacun doit traverser l’adolescence!
Un duo crédible et charmant
Elle, représente le côté noir de la force et lui, la force brute de l’athlète. Gaby et Frédérick prouvent dans À vos marques… party! que deux pôles opposés peuvent se rencontrer… C’est seulement la manière qui peut paraître étrange, vu que, comme l’indique Mélissa, l’adolescence est toute une époque charnière!
«On manque de confiance en soi quand on est ado, on a peur de ce que les gens vont penser, on est peut-être victime de notre propre caractère…» La comédienne de 25 ans était contente de voir que des publics de tous âges aient réagi positivement au film. «Les temps ont changé, mais pas les relations humaines, pas le fait de tomber en amour», ajoute-t-elle.
«C’est une période difficile de la vie, tu es toujours en train de te chercher. Mais, ça fait partie de la vie! L’important est d’en sortir gagnant, de grandir à travers ça!», lance pour sa part Jason.
Selon lui, ce type de cinéma manquait au Québec. «C’est sûr qu’on avait la crainte que ça soit superficiel, mais non! Le film véhicule des belles valeurs (amitié, amour, famille, pardon). Le public visé va voir des films américains comme ce style-là, donc pourquoi ils n’iraient pas voir celui-là? C’est un film positif, on n’a pas besoin de sacrer ou de fourrer une tarte (petite référence juteuse à Folies de graduation) pour avoir un bon film!»
Mélissa espère que tous les membres d’une famille sauront trouver les éléments qui leur plaisent. «Pour les ados, ça représente leur génération, ce qu’ils vivent maintenant, ils vont se sentir dans leur école, y’a des party… Et les adultes, leurs parents, vont se rappeler de beaux souvenirs, ça va les toucher.»