La loi anti-tabac aide les vendeurs de drogues
La loi anti-tabac aide peut-être à améliorer la santé des élèves, mais elle facilite aussi la vie des vendeurs de drogues autour des écoles.
C'est du moins l'avis des directions d'école qui s'inquiètent de cette situation. En interdisant la cigarette sur le terrain de l'école, les jeunes se retrouvent hors du contrôle de la direction lorsqu'ils vont fumer, n'étant plus sur le terrain de l'école.
«Depuis le 1er septembre, le contact entre ceux qui fréquentent l’école et ceux qui ne la fréquentent pas est facilité, souligne le directeur par intérim de l'école secondaire du Versant, Benoît Brisson. Les étrangers n'ont plus à franchir les barrières de l'école pour aller voir les jeunes.»
«On a pris la clientèle qu'on avait sur le terrain de l'école où on pouvait les avoir à l'œil et on les a envoyés à l'extérieur, ajoute le directeur de Nicolas-Gatineau, Claude Beaulieu. Avant on pouvait contrôler leurs allers et venus, mais plus maintenant.»
Si bien que les personnes qui font le trafic de stupéfiants ont maintenant la voie presque libre pour rencontrer les élèves. «On a mentionné ce problème un peu partout, affirme M. Beaulieu. Il va falloir avoir un programme particulier.»
Changer la dynamique
Du côté du Service de police, on souligne que cette nouvelle loi a effectivement changé la dynamique. «Les écoles ont fait des efforts extraordinaires pour garder les intrus à l'extérieur, note Jean-Paul Le May, relationniste pour la police de Gatineau. Là, les jeunes se retrouvent plus exposés aux gens.»
«On a un rôle à jouer dans ce dossier c'est certain, ajoute-t-il. Mais le territoire est vaste. Comme tout changement, ça demande une période de transition. Ça nous oblige à prendre plus d'information sur les véhicules.»