Retour aux sources du cœur pour Isabelle Boulay
Après avoir mis de côté ses racines western, le naturel d'Isabelle Boulay revient au galop sur De retour à la source, un album qui est né tout seul dans les bras de sa mère…
Elle s'est gâtée la Isabelle avec ce disque! Surtout que sa création lui a réservé plus de surprises qu'à l'habitude. Au départ, elle désirait faire des reprises, mais elle a tellement reçu de textes originaux de Michel Rivard, Zachary Richard, Louise Forestier, Paul Daraîche, Damien Robitaille, André Gagnon, Eloi Painchaud (pour ne nommer que ceux-là), qu'elle a décidé de consacrer sa voix à de nouvelles pièces! Pour une fan de country, c'était un rêve qui devenait réalité…
«Je me sens privilégiée, la magie a vraiment opéré avec cet album, admet Isabelle. Ça faisait longtemps que je voulais le faire, au moins 7-8 ans. C'était la musique que je chantais quand j'étais petite et maintenant, ça se concrétise!»
Le déclencheur a été nulle autre que Guy Latraverse, qui lui a proposé de faire une carte blanche aux dernières francopholies. «Je voulais en faire des country, précise Isabelle. Il a dit oui.»
À partir de là, Isabelle ne pouvait reculer, le temps était venu. Plus elle demandait des chansons aux auteurs-compositeurs, plus elle était surprise. «Plus ça allait, plus j'en recevais, comme si le projet avait pris naissance tout seul. Le projet a pris tellement de place dans mon esprit que ça me hantait…»
Pour comprendre cet état de «stupéfaction», il faut savoir qu'Isabelle sortira un autre album à la fin de l'année, une galette plus pop comme elle sait si bien les faire. Ce De retour à la source, qui ne devait qu'être un en-cas s'est vite transformé en repas substantiel…
La musique du cœur
Isabelle offre du country classique, avec tout ce que ça implique, sur ce surprenant album. «Les thèmes… il y a l'exil, la mort, l'amour, oui, tant qu'il existera, comme sur Aller-simple, c'est extrêmement sentimental», lance-t-elle. Et n'oublions pas les fameux slows (Simplement tout), qui ont contribué à la réputation positive de l'univers western.
«Le country, c'est la musique du cœur, de la dignité humaine, c'est un enrobage de mon enfance, quand je me souviens de ma tante Adrienne qui vient me chercher dans le carrosse à ressorts en écoutant du Lévis Boulianne et du Renée Martel…»
«Ce n'est pas quelque chose qui interpelle l'intellect, c'est une musique d'espérance, de réconfort pour les âmes esseulées», ajoute celle qui n'a pas raté la chance d'aller entendre Willie Nelson lors de son dernier passage à Montréal.
«C'est une musique essentielle, brute, j'aime ça parce qu'il n'y a pas de fignolage, le cœur se laisse aller. Et comme c'est parfois compliqué de s'ouvrir le cœur…»