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Un immortel du théâtre pour enfants au CNA

«Contes d’enfants réels» revient encadrer l’imagination familiale

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 17 avril 2007 à 12:05
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Un immortel du théâtre pour enfants au CNA
Sophie Vajda et Benoît Vermeulen brillent dans Contes d'enfants réels. (Photo: François-Xavier Gaudreault)
Un immortel du théâtre pour enfants au CNA
«Contes d’enfants réels» revient encadrer l’imagination familiale
Présenté pour la première fois en 1993, le très beau spectacle Contes d’enfants réels, écrit par Suzanne Lebeau, revient au Studio du CNA sous la vigilante lorgnette de Gervais Gaudreault.
Créée pour le Festival de théâtre des Amériques il y a 14 ans, cette production a été jouée en français et en espagnol un peu partout en Amérique latine et au Canada, là où la poésie et la folie du vocabulaire de l’auteure pouvaient cimenter.

Des huit contes rédigés par Suzanne Lebeau, cinq ont été gardés pour la scène: Le Monstre, Se que je ne feut pas vair : laferselle, Celui qui aimait trop la science, Le Goûter et L’enfant blond qui ne voulait pas jouer du violon.

«L’angle de base de chaque conte a été écrit à partir d’anecdotes réelles, de faits et gestes d’enfants qu’elle a eus ou non, de neveux, de nièces…, explique Gervais Gaudreault, codirecteur artistique du Théâtre Le Carrousel. Ce sont des faits précis, des impulsions personnelles qui racontent des histoires précises de manière débridée.»

«C’est le côté jubilatoire des mots, qui se boxent les uns sur les autres, poursuit le metteur en scène. Il y a des allitérations, des répétitions, de la récurrence, ce qui donne un drôle de côté à ces contes qui abordent des questions très impertinentes et ludiques.»

Impertinentes et ludiques, telles les rebondissements qui pimentent l’enfance! Sophie Vajda (Ramdam) et Benoît Vermeulen partagent cet espace où la langue se fourche à satiété pour le plus grand plaisir des petits et de leurs parents.

Le politically correct, omniprésent concept qui fait grincer Gervais Gaudreault des dents, est un peu laissé de côté pour illuminer ce lieu humain et rassembleur. On vit donc certaines choses du point de vue de l’enfant et dans d’autres chapitres du conte, le gros bon sens du parent nous comble.
Portrait de famille
Le créateur a bien jonglé avec ses interprètes pour rendre de manière colorée les écrits de Suzanne Lebeau. Il a reconnu en ces lignes une prédominance de la famille et a traduit cet amour naturel en des portraits. Ainsi, Vajda et Vermeulen apparaissent souvent, en solo ou duo, dans un cadre qui expose les images qu’on retrouve dans chaque salon du monde, chaque mur placardé de photos.
J’étais préoccupé par ces portraits, alors sur la scène, il y a un cadre qui reçoit des projections, qui permet de sortir du cadre…», lance-t-il. Ce cadre pivotera, se déboîtera, sera le théâtre de mille actions qui débouleront sous le minois gourmand des enfants. Une métaphore inventée avec le concours du scénographe et peintre Richard Morin et qui aide cette poésie à être véhiculée à plusieurs niveaux.

Courte note biographique en terminant: la production a remporté en 1994 le Prix de la critique et celui du Meilleur spectacle jeune public décerné par l’Académie québécoise du théâtre.
«Contes d’enfants réels» est présenté au grand public samedi à 13h30 et dimanche à 13h30 et 15h30. Billets: 613 755-1111.

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