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Les sourires reviennent sous la boule jaune…

Patrick Voyer par Patrick Voyer
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Article mis en ligne le 23 avril 2007 à 14:11
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Les sourires reviennent sous la boule jaune…
Soleil soleil…
Les sourires reviennent sous la boule jaune…
Tel une boule disco, le soleil est hypnotisant et les gens qui dansent en dessous sont habituellement heureux. Bon, il est utopique de croire que les gens seront du jour au lendemain plus courtois ou brûleront moins les feux rouges, mais on peut espérer que la magie de l'été s'opérera dans le plus de cœurs possibles.
Pourquoi pensez-vous que les conversations de dépanneur et d'ascenseur existent? Certes, pour briser le silence que plusieurs détestent, mais aussi pour rendre hommage à la température, splendide ou exécrable. On rend à César ce qui lui appartient, on ne fait pas semblant de rejeter son importance du revers de la main, parce que notre humeur dépend énormément de sa consistance.

Combien de fois vous êtes-vous surpris à jaser du temps qu'il fait avec un étranger? Sur le coup, ça vous a amusés, ensuite vous vous trouviez niais d'avoir parlé de ce sujet en apparence banal. Finalement, après y avoir longuement réfléchi (non, mais ce qu'on ne ferait pas pour des banalités…), vous en êtes peut-être venu à la conclusion que nous sous-estimons la force et la portée des rayons de soleil et des flocons.

En novembre, quand les arbres semblent sortis du plus angoissant film d'horreur avec leurs doigts crochus, lorsque vous demandez à quelqu'un comment il va, il vous mentira sûrement en répondant que ça va bien. Mais remarquez bien les petits morceaux d'infos qu'il ajoute, espèces de special features sans DVD: «Avec cette température-là de toute façon…», «S'il faisait plus beau, ça irait mieux…»

Avouez que nous sommes quelque chose; se faire influencer de la sorte par des éléments extérieurs, alors que le vrai bonheur se trouve à l'intérieur… (C'était la portion sans glutamate monosodique de la chronique, passons à autre chose.)

Les femmes sont belles ces temps-ci, plus que d'habitude. Pas seulement parce qu'elles se découvrent d'un fil, elles ont troqué leur foulard pour des lunettes de soleil. Pas qu'une femme ne soit pas jolie avec un foulard ou laide sans lunettes pour cacher leurs yeux, arrêtez de me force à me justifier enfin!

Les hommes eux, sont en pleine effervescence. Le temps de sortir les biceps pour impressionner les demoiselles de la mauvaise façon et de jouer au hockey est arrivé. (Oui, oui, au hockey, car vous savez au Québec, la religion principale n'est pas le christianisme, non c'est la Sainte-Flanelle. Vous avez vu: «Sainte»-Flanelle. C'est pas moi qui le dis… C'est vous et c'est Jacques, Yvon, Pierre et Alain.)

Les gens, en général, sont agréables ces jours-ci. Ils ont moins de raisons de chialer pour rien, en tout cas ceux qui prennent la vie avec un grain de sel et qui considèrent que la température est un élément essentiel à leur bien-être. Ceux qui se font un malin plaisir à se dresser des murs à chaque pas le font quand même avec le soleil, au chaud. C'est cela de gagné.

À chaque printemps que l'on confond avec l'été, on se pose ce genre de question existentielle: si le Québec était en fait l'Équateur, serait-on plus heureux? À vous de décider. L'histoire nous a par contre forgés comme l'ébéniste polit un meuble et le vernit pour l'isoler des envahisseurs. Nous avons été conçus dans une province qui vibre au rythme des quatre saisons, alors saurions-nous composer avec douze mois de soleil de plomb? Ou trouverions-nous là une autre raison de se plaindre?

Oui, la température a un pouvoir immense sur nos vies. Ce n'est pas pour rien qu'on y consacre une «partie» des bulletins de nouvelles (parfois on s'en passerait, surtout quand on sait qu'un vieillard est plus fiable que tout quand il toise le ciel), qu'on a créé Météomédia et des professions comme barométologiste (celui qui prend le pouls de la société par la température), pluviologue (celui qui essuie la colère des piétons qui se font arroser par des épais secs dans leur voiture) ou oragistes (vaut mieux ne s'étendre sur le sujet du «court et intense»). D'accord, ça n'existe pas, mais avouez que cela sonnerait bien dans une conversation sérieuse…

Des boulots imaginaires, celui de rayonniste serait sans doute le plus apprécié actuellement. Malgré que certaines personnes travaillant dans des rayons battent des records de gueule de molosse…

Le soleil est une attraction, agit comme un aimant. Il fait sortir les ermites de chez eux, fait fondre les banquises (non, pas bon exemple), ravive la flamme de ceux qui s'étaient transformés en homo erectus durant l'hiver, est source de vitamine C (comme dans cancer… non, pas bon exemple), fait augmenter la libido, fait sacrer les employés de la voirie, etc.

Il a toujours été l'astre chouchouté par l'humanité et le sera pour des siècles à venir. Jusqu'à ce qu'il nous tombe dessus et nous transforme en cire… Mais ça, vous le saviez non? Ah vous pensiez que la planète allait vivre éternellement? Désolé de péter votre balloune… Et le pire, c'est que la pollution et l'effet de serre n'ont rien à y voir… C'est le cycle de la vie.

Et la vie, c'est le soleil, alors profitez de son énergie et gâtez-vous pendant que vous avez la force de le regarder.

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