Une philosophie chocolatée pour Miss Chocolat!

Publié le 29 février 2008

Contrairement à ce que l'on peut penser, Nathalie Borne n'est pas «tombée dedans quand elle était petite». Même qu'elle a entamé des études en psychologie avant de découvrir que sa réelle vocation, c'était de rendre les gens heureux non pas par des consultations, mais plutôt avec des chocolats! Rencontre avec une chocolatière qui entretient une véritable passion avec son aliment de prédilection!

«C'est pas mal charnel, avoue-t-elle d'ailleurs au sujet du lien qui l'unit avec le chocolat. J'aime ça toucher, j'aime ça avoir le contact direct avec le chocolat. C'est pour ça que je le fais à la main. Il n'y a pas de machine qui le fait pour moi.»

Cette philosophie, ce souci de qualité, de personnaliser ses produits tiennent tant à cœur à cette chocolatière qu'elle en a fait sa marque de commerce. De la fabrication à l'emballage, tout est fait à la main, dans cette petite cuisine bien modeste qui sert d'atelier situé dans l'arrière-boutique. «C'était important pour moi, que les gens nous voient travailler», indique celle qui a depuis sept ans un nouveau surnom, Miss chocolat!

Une vocation

Depuis 17 ans, Nathalie Borne a fait de son métier sa passion. Mais les choses n'ont pas toujours été aussi claires dans sa tête. Après avoir entamé des études en psychologie, c'est lors d'une année sabbatique qu'elle s'est inscrite à un cours de pâtisserie, où elle a découvert tous les caprices et les plaisirs du chocolat.

Un an d'études à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec à Montréal en pâtisserie n'a pas su assouvir complètement sa passion, et elle a donc poursuivi une autre année, cette fois pour parfaire sa formation uniquement en chocolat.

Une fois sa formation en poche, Miss chocolat a tenu à se perfectionner en travaillant tantôt pour des chocolatiers, tantôt pour des pâtissiers: «Je m'arrangeais pour travailler pour les meilleurs et toujours voir à ce qu'ils utilisent des produits de qualité», indique-t-elle.

Depuis, elle a compris qu'elle avait trouvé sa voie, et ce, non seulement parce qu'elle aimait le chocolat(!): «Ce n'est pas tout d'avoir la gourmandise, il faut avoir la vocation. […] C'est pas tout d'aimer le chocolat, il faut aimer le travailler, sept jours sur sept, 365 jours pas année!»

Car bien que de vivre dans un monde chocolaté quotidiennement semble un paradis pour plusieurs, le métier pose certaines conditions. L'odeur du cacao peut rapidement causer des «écoeurantites», le dédain d'avoir les mains dans les aliments à longueur de journée peut en tanner d'autres, et il faut aussi une certaine dose de techniques, d'audace et d'imagination pour renouveler ses créations et confectionner le tout avec soin.

Sans oublier que le chocolat a ses caprices avec lesquels il faut composer quand on est chocolatière. Mais Nathalie Borne sait depuis longtemps qu'elle est dans la bonne branche, et cette conviction a d'ailleurs été renforcée au visionnement du film Chocolat!

Un art en soi

«Ce que je trouve le fun, c'est que j'ai une clientèle qui me suit dans mes idées farfelues!», s'amuse à dire Nathalie Borne.

Si les classiques au caramel ou aux fruits occupent une place importante de son comptoir, des chocolats plus audacieux attirent l'attention de quiconque s'aventure dans la boutique.

La dernière audace de cette chocolatière? Un chocolat noir, garni d'une infusion de basilic, de tomate séchée et d'un pignon de pin. «Les gens aiment, ou aiment pas!», admet Miss chocolat.

Cette nouveauté vient s'ajouter aux autres audacieuses gourmandises que sont le chocolat à la bière noire, le maki praliné (avec algues), ou celle au lait de coco et curry. «Je ne me sens pas comme une artiste, comme un peintre, explique la chocolatière qui a pourtant fait du chocolat son art de prédilection. Quand je fais un dessin, c'est spontané, je n'ai pas de technique.» Et quand elle fait du chocolat?: «Là, ça devient technique, créatif, audacieux…»

Celle qui admet que sa force est dans la création et la production plutôt que dans le côté plus "business" de la chose vient d'une famille de trois enfants. Ni la cuisine ni les arts n'ont marqué sa jeunesse, mais tous les membres de la famille ont développé un point commun: «On a tous un côté créatif, à notre façon. Ma mère est très créative, ma sœur aussi… », mentionne Nathalie Borne.

Outre les chocolats, ceux et celles qui visitent la boutique pourront d'ailleurs admirer une autre création de Nathalie: une peinture, faite entièrement de chocolat.

Un héritage

Si le délice de croquer dans un chocolat est un bonheur éphémère, Nathalie Borne espère tout de même transmettre une passion beaucoup plus durable, celle de son métier.

«C'est pas donné à tout le monde, admet-elle. Quand j'ai commencé, il n'y avait pas beaucoup de femmes chocolatières. Depuis cinq ans, il y en a de plus en plus. Je suis contente de voir que des femmes se passionnent pour ça et ouvrent des chocolateries.»

Mme Borne a trouvé bien des façons de transmettre sa passion, entre autres en offrant des ateliers interactifs de préparation du chocolat, ou encore en donnant des conférences dans les écoles. Ces conférences, elle les prépare de façon à non pas transmettre sa passion du chocolat, mais bien pour montrer aux jeunes qu'il existe des métiers non traditionnels et qu'il est possible de réussir si la volonté et le souci du travail y sont.

Mais avant tout, Miss Chocolat s'est donnée une autre mission, celle de relever le chocolat à des rangs plus nobles, et moins mal-aimés, «caloriquement parlant»: «Tout est dans le dosage. Un peu chaque jour c'est excellent pour la santé… Un bon chocolat ne fait pas engraisser», voilà, c'est dit! Ne reste plus qu'à déguster… en toute modération!