Mustapha Chadid sculpte son expo à la galerie Montcalm

Patrick Voyer patrick.voyer@tc.tc
Publié le 22 octobre 2009
Mustapha Chadid est en solo, à la galerie Montcalm jusqu'au 6 décembre, avec l'expo Les soldats de l'éternité.

Le «sculpteur métallique» gatinois d'origine marocaine, Mustapha Chadid, expose Les soldats de l'éternité à la galerie Montcalm jusqu'au 6 décembre.

La responsable de la galerie, Dominique Laurent, est très fière d'accueillir une fois de plus cet artiste qui a le vent dans les voiles depuis plusieurs années. Et cette fois, en solo, et non en collectif; Mustapha Chadid était l'an dernier du nombre des artistes de l'expo de bienvenue au Conseil de la sculpture du Québec, qui a établi son quartier général à Gatineau. «Mustapha est dans la région depuis dix ans et pour mieux s'intégrer, il a fait un Bac à l'UQO et été retenu par la suite pour l'expo Prémices de la galerie Axeneo7. Il a un peu le même cheminement qu'Étienne Gélinas en peinture et d'ailleurs, leurs pratiques ont des concordances. Ils viennent tous les deux du monde scientifique», explique Dominique Laurent.

La science est, sans surprise, au cœur de l'expo Les soldats de l'éternité, autant dans les matériaux que la philosophie cachée. Chadid a le don, selon Dominique Laurent, de nous faire saisir que les sciences sont très imparfaites et ont plus besoin des arts qu'il n'y paraît pour être démystifiées. Et surtout apprécier d'où nous venons. «C'est par les arts qu'on peut comprendre. Bon, il restera toujours les inventions majeures qui ont forgé la civilisation… mais elles sont aussi responsables de notre déclin. En sciences, aussitôt qu'on règle un problème, on retombe dans un autre piège, nuance la responsable de la galerie. On se croit tellement à l'avant-garde que les choses sont vite dépassées et on est victime de notre propre succès.»

Les cinq installations de Mustapha Chadid examinent cette manie de l'humain de chercher des solutions à l'extérieur de lui-même afin de trouver la clé, alors qu'elle n'est peut-être qu'à l'intérieur de son enveloppe charnelle. «Quand bien même qu'on devenait des hyper consommateurs, qu'on sortait dans les bars pour se noyer dans l'alcool ou qu'on allait toujours au cinéma, il ne faut pas faire tout ça au détriment de soi. Il faut se demander ce qui peut augmenter notre qualité de vie», ajoute Dominique Laurent.

Chadid propose donc, avec de subtiles particules métalliques, une introspection sur le dilemme classique de l'humain: accepter le cycle de la vie, de la nature, ou le forcer en expérimentant scientifiquement. Le cuivre, le fer et le métal rouillé décriront donc ces états d'esprit dans des pièces très structurées, tantôt comiques, tantôt techniques. Mais le tout demeure léger, malgré le médium, «presque de la dentelle», croit Dominique Laurent.

Le visiteur voyagera à travers des engrenages, du métal liquide, des projections vidéo, des robots spatiaux désorientés, une murale où la peinture et le métal se confondent et montrent les premiers balbutiements d'une nouvelle orientation artistique pour Mustapha Chadid…

Sans oublier l'installation vedette de cette expo: les fameux soldats de l'éternité, des pièces maîtresses individuelles sur pied rappelant les soldats chinois en terre cuite grandeur nature découverts pour la première fois dans les années 70. Quelque chose que la science aura toujours de la difficulté à expliquer!