Paul à Québec: la lumière dans les moments sombres

Marie Pier Lécuyer mariepier.lecuyer@tc.tc
Publié le 17 septembre 2015
Lucie (Julie Le Breton) et Paul (François Létourneau
Photo Gracieuseté - Remstar Films

CINÉMA. Inspiré de la bande dessinée de Michel Rabagliati,Paul à Québec, le tout dernier film du réalisateur François Bouvier, valse entre l’émotion et la lumière, entre le rire et les larmes aux yeux.

Ce n’était justement pas le but du réalisateur François Bouvier de tomber dans un fil trop lourd, lui qui voulait rester fidèle à l’esprit de la bande dessinée. «Je ne dis pas que c’est triste, décrit le réalisateur. C’est touchant, c’est émouvant, c’est sûr que ça vient me chercher, il y a quelque chose qui vibre. Mais il y a quelque chose de lumineux.»

Paul (François Létourneau) est en couple depuis longtemps et est papa d’une fille. Il vit sa vie simplement, ponctuée de nombreuses visites dans sa belle-famille, à Québec. Au travers les différentes tranches de vie de la brochette de personnages, on assistera au déclin de la santé de Roland (Gilbert Sicotte), le beau-père de Paul. «Paul c’est l’âme, parce que ça passe par sa sensibilité. (…) Mais le moteur, l’histoire qui se développe, c’est celle de Roland.»

Coécrit avec l’auteur de Paul à Québec, qui lui s’était inspiré de l’histoire de sa belle-famille, le long-métrage a été fait dans le respect de la vraie famille, assure François Bouvier, sans toutefois tomber dans le documentaire.

Y avait-il une inquiétude à transposer cette populaire bande dessinée au grand écran? Il fallait créer un vrai Paul qui serait autant apprécié, note le réalisateur. «Les Paul sont connus, les Paul sont aimés, et Paul à Québec est sans doute l’album qui s’est le plus vendu», rappelle-t-il. Mais on ne fait pas le film de la bande dessinée, on fait l’histoire.»

Le grand défi pour François Bouvier n’était pas dans l’histoire, note le principal intéressé. «Je dis ça de façon un peu cavalière, mais c’est une histoire qui est banale, sauf qu’il y avait un ton, des personnages qui étaient attachants, charismatiques, remplis d’humour et d’humanité.»

Certains ajouts ont aussi été faits au personnage principal. Puis certains détails ont été modifiés pour le long métrage, question de créer un lien, une relation particulière entre Paul et Roland (Gilbert Sicotte). Et le contenu a été élagué, afin d’arriver à un scénario pas trop long, pas trop court.

Y aura-t-il d’autres Paul réalisés par François Bouvier? Si oui, il ne s’agira pas du personnage principal à l’âge adulte, peut-être l’adolescence, évoque-t-il vaguement, sans avoir de plan précis en tête pour l’avenir.

Une ressemblance

François Létourneau s’est plongé dans la peau du personnage central de la bande dessinée, lui qui n’avait lu que l’une des bandes dessinées de Michel Rabagliati, avant de lire le scénario. «Au-delà de la ressemblance (physique), je trouvais que je ressemblais aussi à ce gars-là», rigole le comédien.

Il dit avoir la conviction de bien comprendre le personnage, lui qui voit plusieurs corrélations entre la vie de Paul et la sienne. «Ma vision du personnage, j’avais confiance qu’elle serait intéressante et juste», insiste-t-il.

La première fois qu’il a vu le film dans son entièreté, il dit avoir adoré le résultat. «C’est un film qui est comme un ensemble de petits moments de vie, mais quand j’ai vu tout cela mis ensemble, ça m’a rappelé que le scénario était très bon, ça fait vraiment un beau film. Je trouve ça très touchant et très original, avec des scènes plutôt graves et en parallèle voir Paul et Lucie avoir des problèmes avec leur Mac de 1999.»

Tout comme le réalisateur, il y voit un film touchant, mais lumineux. «Paul n’est pas directement dans le drame et moi je trouve ça intéressant et c’est ce qui fait que le film. C’est un film très touchant, mais on sent jamais la volonté de François Bouvier de nous faire pleurer, de rajouter une couche, il y a une justesse et une simplicité qui rend l’affaire d’autant plus touchante.»

Une tranche de vie

Même s’il n’avait jamais lu l’une des bandes dessinées mettant en vedette le personnage de Paul, Gilbert Sicotte a rapidement adoré son personnage et l’histoire en épluchant le scénario. «Je suis content d’avoir fait cela, mon premier contact avec cette histoire était vraiment le film, raconte-t-il. Quand j’ai lu la BD, c’était une espèce de bible, de détails.»

Et s’il a accroché à l’histoire, c’est aussi à cause de ce ton mi-sérieux, mi-léger. «C’est aussi touchant, aussi triste, mais c’est drôle aussi. De côtoyer cela en même temps, ça fait qu’on est dans une histoire vraie, d’une tranche de vie d’une famille.»

Malgré le propos parfois émouvant, triste, Gilbert Sicotte estime que la balance entre le rire et les pleurs est parfaite. «C’est avec de la délicatesse, de la lumière de l’humour.»

Même s’il doit se plonger dans plusieurs scènes difficiles, lui qui se met dans la peau d’un homme malade qui dépéri à vue d’œil, sa scène préférée reste celle en ouverture. , «C’est quand ils arrivent à la campagne. Par peu de choses, on apprend qui sont ces gens-là.»

Paul à Québec, en salle dès aujourd’hui, un peu partout au Québec.